Les Bulgares élisent leur président, sur fond de tensions
L'élection présidentielle en Bulgarie met face à face deux candidats aux visions opposées sur la Russie (archives).
Photo: KEYSTONE/AP/Valentina PetrovaLes Bulgares ont commencé à voter dimanche pour le second tour d'une présidentielle disputée, sur fond de tensions accrues en mer Noire. L'élection met face à face deux candidats aux visions opposées sur la guerre en Ukraine et les relations avec la Russie.
La présidente sortante Iliana Iotova, qui plaide pour le dialogue avec Moscou afin de mettre fin à la guerre en Ukraine, affronte Andrey Gyurov, un ancien premier ministre intérimaire soutenu par l'opposition pro-occidentale.
Les bureaux de vote sont ouverts de 06h00 à 19h00 (heure en Suisse). Arrivée en tête au premier tour avec 35% des voix, contre 32% pour son rival, Mme Iotova a toutefois réalisé une performance bien inférieure aux prévisions des sondages qui lui promettaient jusqu'à 20 points d'avance.
Selon l'analyste politique Teodor Slavev, elle a payé pour sa 'réponse peu convaincante [...] face aux menaces russes en mer Noire', où plusieurs attaques de drones contre des navires marchands ont fait une trentaine de disparus au mois d'octobre, dont 21 au large des côtes bulgares.
Participation très faible
Lors d'un débat télévisé jeudi soir, elle a répété que 'la paix ne peut venir que par des négociations'.
'Déverser davantage d'argent en Ukraine, fournir de nouvelles armes, plus sophistiquées, ne conduit qu'à davantage de destructions et à la mort de nombreuses personnes des deux côtés', a affirmé celle qui se présente comme une 'présidente de la paix' tout en appuyant l'ancrage de la Bulgarie dans l'OTAN.
En face, Andrey Gyurov a estimé que 'la Russie doit mettre fin à son agression pour que les prochaines étapes puissent être franchies'. 'Nommons le pays d'où viennent les menaces', a-t-il ajouté, reprochant à Iliana Iotova de ne pas avoir directement mis en cause Moscou. La Bulgarie, historiquement proche de la Russie, reste profondément divisée sur sa relation avec ce pays.
Le premier tour avait a été marqué par un taux de participation historiquement faible de 23%. Pour la sociologue Boriana Dimitrova, cette abstention s'explique par le fait que certains électeurs considéraient 'la victoire de Mme Iotova comme acquise'. Elle s'attend à une participation plus élevée au second tour.
/ATS