Les milieux culturels se mobilisent contre les coupes à Genève
Les milieux culturels dénoncent les coupes prévues par les départements en charge de la culture dirigés par la conseillère administrative Joëlle Bertossa pour la Ville de Genève et par le conseiller d'Etat Thierry Apothéloz pour le canton (archives).
Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTTLa fonction publique n'est pas la seule à être échaudée par les projets de budget du Canton et de la Ville de Genève. Mardi, les milieux culturels ont dénoncé 'la violence extrême' d'annonces qu'ils considèrent comme opaques.
Le canton avait annoncé des coupes linéaires de 4% dans les subventions aux associations. 'Ce n'est pas vrai' parce que 'c'est un principe général', a affirmé à Keystone-ATS la présidente de la Fédération du réseau artistique et culturel de Genève (FRACG), Fabienne Abramovich.
Les acteurs culturels déplorent une disparité parfois importante entre les mesures listées, dont certaines ne sont pas suffisamment clarifiées. Des coupes sèches sont également orchestrées dans les conventions des collectivités avec certaines entités, comme dans des transferts de charge entre Ville et canton, selon eux. Autre reproche, ces milieux affirment ne pas avoir été consultés du tout.
Selon les chiffres cantonaux, le Concours international de musique classique de Genève perdrait jusqu'à 18,1% de sa dotation, là où l'Association pour l'encouragement de la musique improvisée gagnerait un peu plus de 50% de subventions. En Ville de Genève, une mobilisation internationale est déjà lancée contre la diminution de 100'000 francs de la subvention aux Cinémas du Grütli dans le projet de budget. Au total, la dotation est en recul de plus de 800'000 francs dans l'enveloppe municipale prévue pour tous les volets de la culture et du numérique.
'C'est d'une violence extrême' dans un environnement déjà défavorable et 'une mise en concurrence des acteurs culturels, ce que nous refusons', a affirmé la présidente face à toutes ces coupes. Conséquence, des postes artistiques, techniques et administratifs sont menacés et des engagements déjà prévus pourraient être compromis.
Relayé dans les spectacles
Tout un écosystème pourrait être affecté, selon la FRACG qui a relayé à la presse ses revendications. Mais il est encore impossible d'anticiper quelle pourrait être la dimension de ces effets, admet la présidente.
Plus largement, les protestataires demandent de ne plus faire de la culture 'une variable d'ajustement'. Il faut des réponses aux interrogations sur un financement adapté, renchérit la présidente.
Les milieux culturels participeront à la grande manifestation prévue par un collectif réunissant la fonction publique et d'autres acteurs dans une dizaine de jours à Genève. Mais des modes supplémentaires de mobilisation publique sont activés. Un appel est lu dans les théâtres et salles de spectacle, avec le soutien des institutions.
/ATS