À la veille du sommet, les restaurateurs craignent des faillites
Les commerçants genevois abordent le sommet du G7 avec appréhension. Alors que la manifestation NO-G7 doit se tenir dimanche, certains craignent des dégradations et s'interrogent sur les moyens de protéger leurs établissements.
Vice-président du Groupement professionnel des restaurateurs et hôteliers (GPRH), Yoan Lomet affirme que de nombreux commerçants cherchent déjà des solutions pour défendre eux-mêmes leurs locaux. «Tout le monde n'a pas les moyens de se barricader», rappelle-t-il.
Dans ce contexte tendu, certains commerçants envisageraient même de se défendre eux-mêmes en cas de débordements avec peut-être l’achat de spray au poivre. «Ce sont des choses qu'on entend autour des tables», confirme Yoan Lomet. Il attribue ces réactions au stress et aux incertitudes entourant l'événement.
Les 6 millions du Grand Conseil ne rassurent pas
Vendredi dernier, le Parlement a adopté un crédit de 6 millions de francs destiné à indemniser les commerçants en cas de dégâts. Une mesure jugée insuffisante par le représentant du GPRH. «Les 6 millions, ils sont plafonnés», détaille-t-il. Comment vont-ils être dépensés ? Quand ? s'interroge-t-il, craignant que certaines PME ne puissent pas attendre plusieurs mois avant de recevoir une aide.
«On se sent complètement abandonnés»
Le ton se durcit lorsqu'il évoque les relations avec les autorités. Le GPRH affirme avoir demandé depuis plusieurs mois la réactivation des réductions de l'horaire de travail (RHT) ainsi que des mécanismes d'urgence pour accélérer le versement d'aides financières. «C'est resté sans réponse», déplore Yoan Lomet. À la question de savoir s'il se sent abandonné par les autorités, sa réponse est sans détour: «Oui, complètement.»
Le restaurateur pointe également le contraste entre les mesures de protection mises en place pour les bâtiments publics et l'absence de soutien financier pour sécuriser les commerces privés. «C'est de l'injustice», estime-t-il.
À quelques jours du sommet, les commerçants espèrent désormais que les manifestations se dérouleront sans incident. Pour beaucoup, les dégâts matériels ne seraient qu'une partie du problème : le temps nécessaire pour reprendre une activité normale pourrait s'avérer tout aussi coûteux.