G7

Face au G7, un contre-sommet pour penser le monde

13.06.2026 20h43 Lucie Hainaut

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En marge du sommet d’Evian, la coalition No G7 organise un contre-sommet réunissant conférences, tables rondes et espaces de discussion autour de thèmes comme l’écologie, l’antifascisme, le racisme ou encore les luttes sociales. Parmi les sujets abordés, les mobilisations étudiantes.

L’occupation d’Uni Mail par la Coordination étudiante Palestine (CEP) avait marqué l’année 2024. Pendant plusieurs jours, des étudiants avaient réclamé un cessez-le-feu à Gaza et la rupture des collaborations entre l’Université de Genève et certaines institutions israéliennes.

Deux ans plus tard, la CUAE, la faîtière des associations étudiantes de l’Université de Genève, revient sur cet épisode dans le cadre d’une conférence consacrée aux luttes universitaires.

Les campus, des lieux historiques de mobilisation

Invité du contre-sommet, le chercheur québécois Francis Dupuis-Déri rappelle que les mobilisations étudiantes s’inscrivent dans une longue tradition.

«À la fin des années 70, c'était l'Afrique du Sud qui attirait l'attention. Dans les années 60, c'était la solidarité envers Cuba, le Vietnam ou l'Algérie. Plus récemment, il y a eu des mobilisations contre les guerres en Irak» énumère-t-il.

Selon lui, les universités ont toujours constitué des espaces privilégiés pour les contestations politiques et sociales.

Austérité, climat et Palestine au cœur des revendications

Si les causes évoluent au fil des générations, certaines préoccupations reviennent régulièrement.

«La mobilisation étudiante des dernières années touche beaucoup la question du financement public des universités, donc la question de l'austérité, la question du climat, et maintenant la question de la Palestine», observe Francis Dupuis-Déri.

Pour Zora Holzer, secrétaire de la CUAE et ancienne participante à l’occupation d’Uni Mail, le lien entre ces thématiques et le G7 est évident.

«Les décisions prises par les chefs d’État ont des impacts sur l’éducation et sur les universités. On voit aujourd’hui des attaques contre les universités, que ce soit au niveau budgétaire ou concernant les recherches qui peuvent être menées» rappelle l’étudiante.

Elle souligne notamment les inquiétudes qui touchent les sciences humaines et sociales, souvent visées par des restrictions budgétaires dans plusieurs pays.

Un espace de réflexion avant la manifestation

Au-delà des débats universitaires, le contre-sommet propose une large palette de discussions sur les enjeux internationaux et sociaux.

La coalition No G7 revendique des espaces de dialogue accessibles à tous les publics. Au total, 18 tables rondes sont organisées dans cinq lieux différents entre vendredi soir et samedi soir.

«On ne voulait pas cloisonner le débat à de grands principes. On voulait permettre à chacun de débattre des sujets qui l’intéressent et repartir avec de nouvelles pistes de réflexion», explique Vincent Bircher, membre de la coalition.

Les organisateurs estimaient samedi après-midi avoir accueilli entre 500 et 600 personnes. La mobilisation se poursuivra dimanche avec la grande manifestation contre le G7, dont le départ est prévu à 15h15 depuis le parc Mon Repos.