G7

Matthieu Jotterand: «le bilan des droits fondamentaux est assez noir»

17.06.2026 19h56 Rédaction

jotterand

Le chef de groupe socialiste au Grand Conseil prend ses distances avec la communication de Carole-Anne Kast après les événements de dimanche. Sans demander sa démission, Matthieu Jotterand dénonce de possibles violations des libertés fondamentales.

Alors que le dispositif sécuritaire déployé lors de la manifestation No-G7 questionne, le chef de groupe socialiste au Grand Conseil indique ne pas demander la démission de sa magistrate, même s'il l’a recevrait «avec une certaine bienveillance». Pour l'élu socialiste, le principal problème réside dans le message adressé par les autorités après les événements du week-end. Il dit  avoir dans ses rangs beaucoup de militants «choqués» par la communication de félicitations de la police sans aucun cas d'espèce fait sur les nombreuses violations des libertés fondamentales.

Matthieu Jotterand reconnaît néanmoins plusieurs aspects positifs du dispositif sécuritaire. «On a deux bilans qui sont positifs, c'est le peu de blessés» ainsi que «le peu de dégâts matériels», souligne-t-il. Le socialiste rappelle que son parti a toujours condamné «les violences, les appels à la violence, les casseurs».

«Un bilan des droits fondamentaux assez noir»

Mais pour lui, un troisième bilan ne peut être ignoré. «Le bilan des droits fondamentaux, lui, est assez noir», estime-t-il, évoquant «la vidéosurveillance», le fichage durant la nasse ou encore des accusations de «violences policières». Selon lui, les autorités ont empêché les débordements… Mais «à quel prix» ?

Le député socialiste s'inquiète particulièrement des méthodes employées lors de la manifestation. Il évoque un «fichage très fort des manifestants et des manifestantes» et estime qu'une «dérive» est en train de se mettre en place à Genève.Matthieu Jotterand pointe également plusieurs vidéos circulant depuis dimanche. Il cite notamment «le tabassage d'une personne dans les Pâquis par des policiers en civil» ainsi que des usages qu'il juge disproportionnés des gaz lacrymogènes et des lanceurs de balles de défense. «Ça sort petit à petit et là, on a quand même de nombreux problèmes», affirme-t-il.

Le temps de «l'autocritique»

Face aux appels à attendre les résultats d'éventuelles enquêtes, le chef de groupe socialiste se montre sceptique. Il rappelle les critiques déjà formulées après la manifestation du 2 octobre 2023. «On nous a déjà fait le gag le 2 octobre. On nous a dit: attendez seulement, on va faire une enquête, une analyse. Ça a fait pschitt.»

Pour lui, les autorités ne peuvent pas se contenter d'attendre plusieurs mois avant de tirer des enseignements. «S'il y a le temps pour se féliciter, il y a aussi le temps pour faire son autocritique», lance-t-il à l'adresse de Carole-Anne Kast et de la police genevoise.

À la veille de la session du Grand Conseil, plusieurs interventions parlementaires ont déjà été déposées. Si la droite devrait freiner les débats en urgence, Matthieu Jotterand entend maintenir la pression politique pour obtenir des réponses sur la gestion policière du week-end du G7.