Culture

Après 7 années de transformation au Grand Théâtre, Aviel Cahn tourne la page

08.06.2026 19h50 Rédaction

Aviel Cahn

Après sept ans à la direction générale du Grand Théâtre, Aviel Cahn quitte Genève avec un spectacle déjanté au BFM du 18 au 28 juin. Le directeur sortant souligne l'ouverture de l'institution durant son mandat.

«Évidemment, il y a de la nostalgie parce que c'était quand même sept années très passionnées», confie-t-il. Lorsqu'il évoque sa plus grande fierté, Aviel Cahn ne cite pas d'abord un spectacle, mais la transformation du lien entre l'institution et les Genevois.

«On a ouvert largement les portes de ce théâtre, on a fait des fêtes, on a fait dormir les gens au Grand Théâtre», rappelle-t-il. «Je pense qu'on a réussi à ce que Genève embrasse et vive son Grand Théâtre plus que jamais.»

Des paris artistiques assumés

Sous sa direction, l'institution s'est également ouverte à d'autres disciplines artistiques. «Elle s'est diversifiée et elle a commencé à dialoguer avec les arts», souligne-t-il. «Le Grand Théâtre est arrivé à être une institution qui a surpris les gens, qui a attiré des nouveaux intérêts», décrypte le directeur sortant.

Aviel Cahn restera aussi associé à une programmation parfois audacieuse. Il revendique également des mises en scène contemporaines de grands classiques. Une démarche qui a parfois suscité des critiques mais qu'il assume pleinement. «La provocation, ce n'est pas la provocation pour choquer gratuitement, insiste-t-il. C'est plutôt une inviation à la réflexion».

Critique du soutien culturel cantonal

Interrogé sur la politique culturelle genevoise, Aviel Cahn ne cache pas une certaine déception concernant le rôle du canton dans le financement des grandes institutions culturelles. «Le canton n'est jamais vraiment venu», regrette-t-il. «Même là, il a fait des promesses. Et puis cinq pas en arrière, trois pas en avant.»

Selon lui, les grandes institutions culturelles font face à des défis importants. «Il faut donner de la grande qualité. Et pour ainsi faire, il faut aussi les moyens de pouvoir le faire.»

Avant son départ, Aviel Cahn laissera encore une dernière proposition au public genevois avec 200 Motels, œuvre déjantée de Frank Zappa présentée au Bâtiment des Forces Motrices après le G7. «C'est un grand théâtre musical avec un grand orchestre symphonique, chanteurs, rock band», décrit-il. «C'est colossal, c'est drôle, ce n'est pas trop long, c'est 90 minutes et c'est très actuel». Une ultime démonstration de cette volonté de bousculer les codes qui aura marqué son passage à Genève.