Culture

Athènes réclame à nouveau les frises du Parthénon à Londres

24.09.2026 11h13

Athènes réclame à nouveau les frises du Parthénon à Londres

La Grèce réclame depuis des décennies le retour des précieuses frises détachées du Parthénon, soutenant qu'elles ont été l'objet d'un "pillage" orchestré en 1802 par Lord Elgin. (archives)

Photo: KEYSTONE/EPA/ANDY RAIN

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a appelé jeudi Londres à faire preuve de 'courage' et de 'volonté politique' pour régler la querelle historique sur la restitution des célèbres frises du Parthénon, conservées au British Museum.

'Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est la volonté politique et le courage de franchir le pas décisif, de réunir les sculptures et de transformer un différend historique en un acte unique d'amitié culturelle', écrit M. Mitsotakis dans le journal britannique The Guardian.

Dans cette tribune, le dirigeant grec rappelle que le Premier ministre britannique Andy Burnham, qui a succédé à Keir Starmer à Downing Street en juillet, s'était autrefois prononcé en faveur de la restitution des frises à la Grèce 'sans conditions'.

Le dirigeant travailliste est toutefois revenu sur cette position depuis qu'il est arrivé au pouvoir, en déclarant en août au Financial Times qu'il s'agissait d'une affaire relevant exclusivement du British Museum.

La prise de parole de M. Mitsotakis, ardent partisan d'un retour de ces trésors archéologiques exposés depuis deux siècles à Londres, intervient sur fond de rumeurs d'échec des discussions engagées depuis 2021 entre l'institution britannique et la Grèce, comme le rapportait mercredi The Telegraph.

Frustration à Athènes

Selon le quotidien, les pourparlers ont finalement capoté face à la frustration d'Athènes devant le manque d'avancées concrètes.

Un porte-parole du musée n'a pas confirmé cette information, déclarant à l'AFP mercredi soir que sa 'position et son ouverture à un accord demeuraient inchangées'.

M. Mitsotakis semble également réagir à des propos du directeur du British Museum, Nicholas Cullinan, dans le Financial Times, suggérant que le prêt pour 10 mois de la Tapisserie de Bayeux par la France au musée britannique pourrait servir d'exemple au règlement de la querelle.

Une solution contre laquelle s'élève le dirigeant grec, pour qui son pays 'ne saurait accepter aucun accord qui l'obligerait à reconnaître la propriété du British Museum sur les frises, ni aucun montage qui nous amènerait à 'emprunter' des éléments de notre propre monument'.

Selon lui, 'une réunification pourrait poser les bases d'un partenariat culturel vaste et durable entre nos deux pays, en ouvrant de nouvelles perspectives de collaborations'.

Une loi britannique de 1963 empêche le musée d'effectuer des restitutions.

Mais la Grèce réclame depuis des décennies le retour de ces précieuses frises détachées du Parthénon, soutenant qu'elles ont été l'objet d'un 'pillage' orchestré en 1802 par Lord Elgin, ambassadeur britannique auprès de l'Empire ottoman.

Londres affirme que les sculptures ont été 'acquises légalement' par Lord Elgin, qui les a revendues au British Museum.

/ATS