Culture

Au GIFF, le bal des séries

07.11.2026 14h00 Rédaction

Toute cette semaine, le Geneva International Film Festival met en avant toute la diversité de la création audiovisuelle. Oeuvres immersives, longs-métrages ou encore des séries, un format qui prend de plus en plus de place et qui se réinvente.

Au Grütli, le public du GIFF vient découvrir Eldorado. Nouvelle série belge prochainement diffusée sur Arte. En pleine crise pétrolière des années 70, deux inventeurs prétendent pouvoir aider une société française à déceler du pétrole depuis le ciel. Une série historique sur un fait divers, dans le jargon on appelle cela un true crime, un style particulièrement prisé actuellement. 

«À nous de la mettre en fiction, mais d'utiliser les trous de la réalité, glisse le réalisateur Louis Farge. C'était une histoire à une époque où la France, quand il y avait un scandale, on mettait les choses sous le tapis. Donc il y avait encore énormément de trous dans la vérité et énormément de place à la fiction.

Eldorado fait partie des 25 séries proposées cette année au GIFF. Pour concocter la liste, quatre programmatrices visionnent jusqu’à 200 oeuvres avec un mantra: «Au GIF, on cherche toujours les œuvres qui innovent, dans le sens large du terme, explique Julia Schubiger, programmatrice séries. Ça peut être des innovations techniques, mais on a aussi de l'innovation de narration, des nouvelles histoires de manière générale ou bien des nouvelles manières de raconter ces histoires.

Un format devenu incontournable

Développées au XXe siècle principalement par les télévisions, les séries se sont imposées comme le format phare de l’audiovisuel actuel. Elles ont adopté les codes visuels, les moyens techniques et l’esthétique du cinéma, et constituent aujourd’hui l’un des principaux moteurs des plateformes de diffusion. Mais qu’est-ce qui les rend si incontournables? Pour Julia Schubiger, «On raconte des histoires sur le long terme, on rentre dans un univers pour longtemps. C'est un peu réconfortant aussi, on retrouve nos mêmes personnages de saison en saison, on peut s'attacher sur le long terme beaucoup plus que dans un long métrage. On peut aborder des thématiques aussi plus en profondeur, on a le temps d'aborder différents sujets. Je pense que c'est un format qui correspond aussi à notre société actuelle où on aime bien une fois arriver à la maison, retrouver nos codes et donc nos personnages fictifs préférés.»

Retour dans la salle de cinéma, la projection est terminée et l’équipe de la série se prête au jeu des questions-réponses: «Dans l’ère qu’on vit, avoir un lien avec le public devient primordial», confie l’acteur Jérémie Renier

La série, un marché en pleine évolution, entre transformation des formats et monopole des grandes plateformes de streaming. Un avenir qui reste à construire. En attendant le GIFF c’est jusqu’à dimanche.