Au Grand Théâtre, Pelléas & Mélisande «plus cosmétique que cosmique»
Musicalement impeccable, mais visuellement glacé, Pelléas & Mélisande de Claude Debussy, mis en scène par Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, laisse une impression contrastée à Guy Cherqui.
Le chef Juraj Valčuha, invité pour la première fois à Genève, dirige un orchestre «en très grande forme», salue Guy Cherqui. «C’est magnifique, une prestation exceptionnelle», insiste-t-il. Côté chanteurs, Guy Cherqui regrette l’absence de francophones dans les trois rôles principaux, même s’il salue la performance de Sophie Koch et Nicolas Testé, «tout à fait exceptionnels».
Mais c’est la mise en scène qui divise. Le spectacle se perd, selon le critique. «Les rayons de soleil cosmiques ne m’ont pas touché. C’était plutôt cosmétique que cosmique», tranche-t-il. Malgré un plateau prestigieux – Marina Abramovic à la scénographie, Urs Schönebaum aux lumières – l’ensemble reste «froid, à distance».
Quelques moments sauvent toutefois l’émotion, notamment la scène de la tour et la fin du drame, «forts dramaturgiquement». Guy Cherqui conclut sur une note mesurée: «Je n’y ai pas trouvé mon compte, mais le spectacle a une grande dignité et tient musicalement la route.» Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, est à voir au Grand Théâtre jusqu’au 4 novembre.