«Company», du Broadway pur sucre au BFM
Le Grand Théâtre de Genève fait une incursion dans l'univers de Broadway avec «Company», la comédie musicale de Stephen Sondheim. Le critique lyrique Guy Cherqui salue une proposition musicalement convaincante.
Une comédie musicale par saison au Grand Théâtre de Genève: l'idée d'Alain Perroux séduit Guy Cherqui. «C'est une excellente initiative parce qu'il y a des comédies musicales qui sont entrées dans le grand répertoire et la mythologie du théâtre musical», souligne le critique lyrique du Wanderersite.com, en faisant référence notamment à West Side Story.
Créée en 1970, Company marque un tournant dans l'histoire du genre. «On a une étude psychologique, c'est la physiologie du mariage en version comédie musicale», résume Guy Cherqui.
Un orchestre qui fait la différence
Sur le plan musical, le critique ne cache pas son enthousiasme. «Ça swing, c'est très bien et musicalement, c'est très solide.» Sous la direction de Larry Blank, l'Orchestre de la Suisse romande se prête avec succès à l'exercice. «Là, on a un privilège, mais c’est la normalité pour un Théâtre comme Genève», relève le spécialiste lyrique.
Quelques réserves concernent toutefois la partie théâtrale. Le choix d'alterner dialogues en français et chansons en anglais nuit parfois à la fluidité du spectacle. «Les wagons n'accrochent pas toujours», observe Guy Cherqui, qui juge également le jeu de certains interprètes inégal.
Malgré ces imperfections, le bilan reste positif. «Dans l'ensemble, ça fonctionne. Le public est ravi», assure le critique, qui salue notamment la prestation de Neïma Naouri dans le rôle de Marta. Pour l'avenir, Guy Cherqui aimerait voir le Grand Théâtre aller plus loin dans cette démarche. «Ce que je souhaite, c'est qu'Alain Perroux fasse une comédie musicale maison, avec une mise en scène maison.»
En attendant, Company est à découvrir jusqu'à la fin de la semaine au Bâtiment des Forces Motrices, sous l’égide du Grand Théâtre.