De Genève au Jura, le regard lucide d’André Klopmann
André Klopmann publie «Je vous écris de Porrentruy». Un roman aux accents autobiographiques où l'ancien haut fonctionnaire et journaliste livre un portrait amer de Genève, sa ville d’origine qu’il a quittée pour le Jura.
Sur la couverture de son nouveau roman, un Titanic en perdition. «Genève... c’est un grand navire. Je m’en suis allé voguer ailleurs. Pour l’instant, je n’ai pas coulé», sourit André Klopmann.
Après 23 ans de journalisme et autant dans l’administration publique, l’auteur porte un regard sans concession sur la Genève qu’il a servie. «Il faudrait peut-être cesser de dire que nous sommes Genève, que tout va bien parce que nous sommes Genève. Vu d’ailleurs, ce n’est pas tout à fait vrai», estime-t-il.
Le choix de s’installer dans le Jura n’est pas anodin. André Klopmann décrit sa nouvelle vie comme «beaucoup plus sereine», marquée par la tranquillité d’une petite ville où «il n’y a qu’un seul feu rouge dans tout le canton».
Genève, l'épouse acariâtre – le Jura, la maîtresse pimpante
Au fil des pages, l’écrivain mêle souvenirs, observations et une intrigue romanesque, jusqu’à un meurtre qui tient le lecteur en haleine. «C’est un roman pur et dur. Mais au fil des reprises, j’ai failli en faire un essai», confie-t-il avec ironie.
Loin d’une rupture, son départ est surtout une façon de retrouver un autre rythme. «Certes, j’aspire à une autre forme de vie personnelle. Mais parce que j’aime ce canton, je pense que certains discours sont totalement obsolètes et qu’on devrait en changer».