Fonds pour le cinéma, «un énorme soulagement» pour Max Karli
Genève lance dès septembre un dispositif destiné à attirer davantage de tournages de films et de séries. Producteur et membre de l’AROPA, Max Karli salue l’arrivée d’un fonds d’un million de francs, fruit de dix ans de travail. Il espère désormais voir le mécanisme prendre de l’ampleur.
Genève veut mieux se positionner dans la compétition internationale pour accueillir des tournages. Au cœur du dispositif présenté par le canton: un fonds doté d’environ un million de francs. Les productions pourront se faire rembourser jusqu’à 30% des dépenses effectuées localement, pour un soutien pouvant atteindre 500'000 francs par projet.
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Pour Max Karli, producteur et membre de l’AROPA, l’Association romande de la production audiovisuelle, cette annonce marque l’aboutissement d’un long processus: «C’est un énorme soulagement parce que le travail a commencé déjà il y a dix ans.» Le projet a depuis passé entre les mains de plusieurs responsables politiques avant d’être repris par Delphine Bachmann il y a deux ans.
Un levier face à la concurrence étrangère
Le mécanisme genevois reprend un modèle déjà utilisé à l’étranger. Max Karli cite notamment l’exemple du Tyrol autrichien, qui dispose de moyens bien plus importants pour séduire les productions internationales. Une concurrence dont la Suisse a longtemps souffert, notamment pour les films tournés dans les Alpes.
Genève démarre à une échelle plus modeste. «Aujourd’hui, à Genève, c’est un petit fonds qui commence, mais s’il fait ses preuves comme on le souhaite, on espère qu’il augmentera très rapidement.» Avec un soutien pouvant atteindre 500'000 francs par projet, le producteur estime toutefois que l’effet de levier peut déjà être important.
L’enjeu dépasse la simple promotion de Genève à l’écran. Le secteur audiovisuel représente déjà 733 emplois directs dans le canton. «Avant tout, c’est de l’emploi, c’est des talents, c’est des techniciens et techniciennes très spécialisés, des industries très spécialisées», souligne Max Karli. Il rappelle notamment la présence à Genève d’acteurs spécialisés dans l’image et le son.
Des retombées dans toute l’économie
Selon les autorités, chaque franc investi pourrait générer entre 3,50 et 4,50 francs de retombées pour l’économie locale. Pour Max Karli, ces effets s’expliquent par les nombreux besoins d’un tournage. Des équipes pouvant atteindre une centaine de personnes doivent se loger, manger au restaurant ou encore acheter des matières premières pour les décors. À cela s’ajoute l’engagement de techniciens spécialisés ou non.
Le fonds doit aussi permettre de conserver davantage de dépenses audiovisuelles en Suisse romande. «On a beaucoup de tournages qui partent partiellement en Belgique», constate Max Karli. «Un fonds incitatif comme le fonds genevois permet de régler ça et que l’argent soit dépensé ici, pour nos industries, pour nos techniciens et techniciennes.»
Genève n’est pas seule à miser sur ce type de mécanisme. Le Valais dispose depuis cinq ans d’un dispositif pouvant soutenir un film jusqu’à hauteur de 100'000 francs. Neuchâtel a également mené un projet pilote. Max Karli ne voit toutefois pas ces initiatives comme une concurrence entre cantons. Genève dispose notamment de techniciens et d’infrastructures, tandis que d’autres régions peuvent offrir des décors complémentaires, comme la haute montagne valaisanne.
Le Geneva Film Office comme porte d’entrée
En parallèle du fonds, le canton met sur pied le Geneva Film Office. Cette structure doit accompagner les productions dans leurs démarches administratives et logistiques.
«C’est très important, parce que ça fait une porte d’entrée qui nous permettra de parler autant avec la police, avec les TPG, avec les SIG», explique Max Karli. L’objectif est notamment d’éviter que chaque producteur doive démarcher séparément les différentes institutions genevoises.
Le dispositif est appelé à évoluer avec les premières expériences. «Est-ce qu’il est améliorable? Sans aucun doute. C’est à l’épreuve du temps. C’est les premières productions qui vont voir, on va pouvoir améliorer au fur et à mesure.» Pour Max Karli, le lancement du fonds constitue donc moins un aboutissement qu’une première étape après dix ans de travail.