«Jemmy Tell»: le mythe suisse Guillaume Tell revisité à travers son fils
L’association Pasaporte présente ce week-end «Jemmy Tell» au Théâtre de l’Espérance. Écrit par Patrice Jauffret et mis en scène par Alexis Bertin, ce spectacle musical déplace le regard vers le fils de Guillaume Tell et transpose le récit dans la Suisse des années 1940.
Et si le véritable héros de l’histoire était celui qui se tient sous la pomme? Avec «Jemmy Tell», Patrice Jauffret choisit de placer au centre du récit le fils de Guillaume Tell, personnage souvent relégué au second plan.
«Ça parle de courage, de devenir qui on est malgré la peur. Et ça parle d’agir malgré elle», résume Patrice Jauffret. Pour lui, Jemmy est «cet enfant qui est sous la pomme dont on ne parle jamais» mais qui, par son rôle dans le récit, «a permis à un peuple de se soulever».
Parler de l'enfant inconnu, sous la pomme
Le personnage occupait déjà une place importante dans l’opéra «Guillaume Tell» de Rossini. La relation entre le père et le fils constitue également le cœur de la mise en scène imaginée par Alexis Bertin. «C’est l’histoire d’un père et de son fils, et puis d’un père qui met son fils en danger», souligne-t-il.
Une dimension qui permet, selon lui, de réunir différents publics: «J’ai l’impression qu’on réussit avec ce spectacle à réunir les différentes générations.»
Le spectacle mélange aussi plusieurs univers musicaux. Aux références à Rossini viennent se greffer des sonorités plus contemporaines et des influences flamencas. «On s’est rendu compte qu’il y avait des parallèles entre certaines sonorités dans le flamenco», explique Patrice Jauffret. Le tout est porté notamment par des cantatrices et un guitariste.
Un spectacle pour plusieurs générations
Le texte avait initialement été imaginé dans un contexte proche du XIXe siècle. Alexis Bertin a finalement proposé de déplacer l’action dans les années 1940, afin de rapprocher le récit du public contemporain.
«C’est une période très éloignée de la nôtre», explique-t-il à propos du contexte postnapoléonien envisagé au départ. À l’inverse, les années 1940 permettent de faire écho à la guerre d’Espagne, à l’exil et aux affrontements idéologiques de l’époque.
«On voulait rapprocher les gens de cette période pour qu’ils puissent plus s’y identifier», explique Alexis Bertin. La pièce imagine ainsi «l’histoire d’une famille de réfugiés espagnols en Suisse».
«Jemmy Tell» est présenté au Théâtre de l’Espérance samedi et lundi à 19h30, ainsi que dimanche à 15h30. Cette représentation dominicale sera suivie d’un bord de scène avec l’équipe du spectacle. La pièce dure environ une heure et se veut accessible à toute la famille.