La BIG réinvente ses infrastructures au Bois de la Bâtie
La BIG, la Biennale intrépide des espaces d’art de Genève, est de retour pour sa sixième édition. Après la Perle du Lac en 2023, l’événement s’installe cette fois-ci au Bois de la Bâtie. À chaque édition, l’équipe de coordination repense ses infrastructures pour les faire coïncider avec l’espace choisi. Cette année, le collectif a imaginé un projet en lien avec la forêt.
Si certains festivals ressortent tous les ans les mêmes scènes et la même décoration à la BIG, chaque manifestation repart de zéro. La Biennale a pris ses quartiers sur l’esplanade du Bois de la Bâtie pour sa 6e édition.
«On voulait prendre un peu de hauteur pour célébrer la résilience et l’audace des espaces d’art indépendants. On a choisi la forêt comme lieu en pensant au festival de la Bâtie, qui prenait place ici de 1977 à 1983» raconte Thaïs Juillerat, coordinatrice de la BIG.
Une biennale dans la forêt
En changeant de lieu, l’équipe de coordination change aussi de concept. Cette année, le projet architectural collectif a été baptisé Rusticage. «L’idée de base était d’aller dans la forêt, après la biennale insulaire au bord du lac. Donc le projet avait été pensé pour créer un bivouac dans les bois, un espace de ressourcement. Malheureusement, on n’a pas eu les autorisations pour investir cette forêt urbaine, mais on est quand même très heureux de pouvoir s’installer sur l’esplanade et dans les sentiers » explique la membre de l’équipe de coordination.
Bivouac, tente et cabane
Une fois les grandes lignes posées par le groupe de coordination, c’est le collectif d’architectes et de scénographes qui se met au travail. Il a tout fait pour s’adapter au lieu, à ses contraintes et à son imaginaire.
«Le projet se fait in situ, il est adapté à ce bois. Et c’est pour cela qu’on a voulu jouer avec les codes de l’habitat en forêt, de la cabane, de la tente, du bivouac. Alors on a imaginé un projet qui puisse héberger les collectifs artistiques dans des petites tentes» détaille Mara Usai, architecte membre du collectif Bambi.
Des matériaux de réemploi
L’autre élément qui a guidé les architectes dans leurs décisions, ce sont les matériaux: «On a principalement utilisé des échafaudages qu’on a loués, pour la structure portante. Tout le reste se compose de tissus qui viennent de stocks dormants, donc qui sont réemployés, ou du bois qui a été utilisé dans d’autres projets avant» se réjouit l’architecte.
Le bar par exemple: il est composé de bâches récupérées sur des chantiers, et du bois utilisé pour la structure de la Banquise, l’attraction d’hiver sur les quais des Eaux-Vies.
Pendant 10 jours la BIG rassemble près d’une centaine d’activités, d’expositions, de déambulations et de performances.