Culture

«La Colère du Tigre»: Clemenceau et Monet, une amitié au bord de la rupture

03.09.2026 18h52 Rédaction

clemenceau

La pièce est jouée du 9 au 20 septembre à La Traverse, aux Pâquis. Mise en scène par Thierry Piguet, elle raconte l’amitié tumultueuse entre Georges Clemenceau et Claude Monet.

Une amitié vieille de plusieurs décennies, deux caractères hors norme et une promesse faite à la France. Avec «La Colère du Tigre», Thierry Piguet plonge dans la relation entre Georges Clemenceau et Claude Monet. «C’est une amitié absolument improbable», résume le metteur en scène.

Au cœur de la pièce: les célèbres Nymphéas promis par Claude Monet à la France après la Première Guerre mondiale. Georges Clemenceau s’est mobilisé pour leur offrir un écrin à l’Orangerie, à Paris. Mais le peintre, dont la vue décline, doute de pouvoir achever son œuvre.

«Monet vient chez Clemenceau lui dire qu’il ne voit plus les couleurs, qu’il ne finira pas et donc qu’il n’y aura pas d’inauguration», raconte Thierry Piguet. Une perspective inconcevable pour Georges Clemenceau: «Tu as donné ta parole à la France.»

«Le plus beau rôle de ma vie»

C’est Daniel Nasr qui prête ses traits à Georges Clemenceau. «C’est le plus beau rôle de ma vie, je dois dire. Je ne m’y attendais pas», confie le comédien. L’expérience est même allée au-delà de son travail habituel d’interprétation. «Pour la première fois, je ne suis pas rentré dans la peau du personnage, mais c’est finalement le personnage qui m’a habité un peu comme une maladie.»

Face à lui, Jean-Pierre Gos incarne Claude Monet. «Ce sont vraiment deux personnages hors du commun. Clemenceau est un héros et Monet est un génie», souligne Daniel Nasr. Leur amitié repose aussi sur leur opposition: «Ce sont deux personnages qui ont des caractères terribles.»

La distribution est complétée notamment par Caroline Cons et Sonia Müller. La pièce évoque également la relation entre Georges Clemenceau et Marguerite Baldensperger, de quarante ans sa cadette. «C’est elle qui fera le pas pour aller vers Clemenceau. Et c’est un amour incroyable, jusqu’à la mort de Clemenceau», explique Thierry Piguet.

Après le MAH, direction La Traverse

La troupe a récemment joué la pièce dans un cadre inhabituel: la salle des impressionnistes du Musée d’art et d’histoire de Genève, à proximité d’un authentique Nymphéa de Claude Monet.

«C’est extraordinaire», se souvient Thierry Piguet. «Le public était vraiment enchanté de sortir de cet enfermement qu’on a un petit peu au théâtre, pour aller voir une pièce dans un musée.»

À La Traverse, la pièce retrouvera cette fois ses décors. Thierry Piguet promet notamment «un décor progressif», sans vouloir en dévoiler davantage.

Pour Daniel Nasr, la force du spectacle tient avant tout à son humanité: «Ce n’est ni du boulevard ni de l’avant-garde. Elle a une particularité, c’est d’être très bien écrite.»