Culture

«La Tempête»: une ouverture de saison ambitieuse au Grand Théâtre

17.09.2026 20h57 Rédaction

Le Grand Théâtre ouvre sa saison avec «La Tempête», l’opéra de Franck Martin inspiré de William Shakespeare. Présent à la première, le critique lyrique Guy Cherqui salue une réussite musicale, tout en se montrant plus réservé sur la mise en scène.

Pour Guy Cherqui, le choix de «La Tempête» marque d’emblée le mandat d’Alain Perroux à la tête du Grand Théâtre. C’est œuvre particulièrement symbolique à Genève: Franck Martin y est né et la version française de son opéra y avait été créée en 1967. «C’est montrer qu’on est sur l’histoire de ce théâtre, sur les racines et sur l’histoire culturelle et musicale de Genève», souligne le critique.

La partition, rarement jouée, est exigeante. Inspiré d’une pièce de William Shakespeare datant de 1611, l’opéra demande aussi une attention particulière au public. «La musique de Franck Martin est une musique assez méditative. Ça exige du spectateur une concentration qui me semble aujourd’hui plutôt souhaitable.», estime Guy Cherqui.

Une distribution saluée

Sur le plan musical, le critique se montre enthousiaste. Il souligne notamment les prestations de Stéphane Degout dans le rôle de Prospero et de Catherine Trottmann dans celui de Miranda. L’orchestre, dirigé par Thierry Fischer, est également salué pour son travail sur une partition complexe et riche en couleurs.

La mise en scène convainc en revanche moins Guy Cherqui. Il regrette «une sorte de linéarité» et un manque de tension dans une œuvre qu’il juge beaucoup plus foisonnante. L’utilisation de la vidéo et la réflexion autour de la magie, du pouvoir et de la technologie ne suffisent pas, selon lui, à exploiter toute la richesse de la pièce.

Malgré ces réserves, Guy Cherqui recommande vivement le spectacle, notamment en raison de la rareté de l’œuvre. «La Tempête» est à voir au BFM jusqu’au 26 septembre.