Lancement d'une pétition en soutien à l'artiste licenciée par l'OSR
L'Orchestre de la Suisse Romande a renvoyé une artiste après qu'elle a mis un keffieh sur ses épaules lors des saluts d'un concert familial, au Victoria Hall il y a une dizaine de jours. Depuis, les soutiens affluent, une lettre qui rassemble 1800 signatures demande l’annulation du licenciement avec des excuses publiques de la part de l’OSR.
«Léna et l’orchestre enchanté» au goût amer. L’issu du spectacle donné au Victoria Hall il y a une dizaine de jours par l’Orchestre de la Suisse Romande s’est soldé par le licenciement sans préavis d’une comédienne, coupable d’avoir porté un Keffieh lors du salut au public.
Celle-ci se défend : «Il n'y avait pas de caractère provocateur, il s'agit d'un signe pacifique de solidarité, on parle là de droits humains. Je me suis sentie humiliée, on parle d'un licenciement sur le trottoir, 40 minutes avant de jouer, sans préavis»
Un licenciement qui a suscité une vague d’indignation et de soutien dans les milieux culturels. Une pétition signée par près de 1800 personnalités et institutions genevoises demande l’annulation du licenciement et des excuses de l’OSR.
Pour le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs, le SIT, la comédienne n'a fait «qu'exercer ses droits constitutionels, la liberté d'expression et la liberté de croyance politique». Alice Lefrançois, secrétaire syndicale du SIT complète : «en aucun cas les intérêts de l'employeur priment sur les intérêts de l'employé».
Le directeur général de l’OSR, Steve Roger, n’a pas souhaité répondre à notre demande d’interview, mais il nous a lu une déclaration : «Un geste militant effectué lors du salut final engage de fait l'ensemble des artistes présents. Le fait qu'il ait été réalisé sans en informer ni les autres artistes, ni l'OSR, consitue une rupture du lien de confiance essentielle à toute production».
Les manifestations de solidarité à l’égard du peuple palestinien ont déjà valu à d’autres acteurs académiques des soucis du même genre selon Alice Lefrançois : «Une autre institution comme l'OSR avait affiché un soutien à l'Ukraine et ces deux employeurs mettent des pressions et sanctionnent de manière abusive leurs employés qui décident d'afficher un soutien au peuple palestinien en train de vivre un génocide».
Le conflit entre la comédienne licenciée et l’OSR pourrait se poursuivre aux prud’hommes.