Le Concours de Genève célèbre 80 éditions d'excellence musicale
Pour sa 80e édition, le Concours de Genève fait le choix de l'originalité. Du 6 au 15 novembre, les jeunes talents de la musique classique s'affronteront dans deux disciplines: la direction d'orchestre et la composition. Une édition anniversaire qui promet de belles découvertes.
Fondé en 1939, le Concours de Genève est l'un des plus prestigieux rendez-vous internationaux de musique classique. Pour célébrer ses 80 éditions, les organisateurs ont décidé de sortir des sentiers battus en associant deux disciplines rarement réunies dans une même compétition. «On a conçu quelque chose d'un petit peu spécial avec la direction de l'orchestre, qui est une discipline qui n'a pas lieu vraiment très souvent. Et puis la composition», explique Didier Schnorhk, secrétaire général du concours.
Le défi de juger un chef d'orchestre
Contrairement aux concours instrumentaux traditionnels, celui de direction d'orchestre présente une difficulté particulière: comment départager des chefs dont l'outil de travail est l'orchestre lui-même? «On va juger aussi la façon dont ils travaillent avec l'orchestre. C'est-à-dire le processus de travail», souligne Didier Schnorhk. Charisme, autorité, connaissances musicales et capacité à convaincre les musiciens seront autant de critères déterminants.
L'organisation représente également un défi logistique. Quatre orchestres auront été mobilisés entre 2025 et 2026, dont l'Orchestre de la Suisse Romande, qui accompagnera les finalistes au Victoria Hall.
La musique classique veut séduire les jeunes
La composition suscite elle aussi un vif intérêt. Cette année, le concours a reçu 188 dossiers, avec des candidats parfois très jeunes. Le plus jeune postulant n'avait que neuf ans. Pour Didier Schnorhk, la création musicale reste particulièrement vivante, notamment grâce aux musiques de films, de séries ou de jeux vidéo.
Mais comment attirer une nouvelle génération vers la musique classique? Le Concours de Genève multiplie les initiatives auprès des élèves du cycle d'orientation, notamment à travers un prix des jeunes. Les classes sont invitées à découvrir les prestations et à désigner leurs favoris. «En fait, ils se prennent complètement au jeu», se réjouit le secrétaire général.
Un tremplin vers une carrière internationale
Remporter le Concours de Genève reste une distinction majeure pour les jeunes artistes. Le premier prix est doté de 20'000 francs, mais la récompense ne se limite pas à l'argent. Les lauréats bénéficient d'un accompagnement pendant deux à trois ans pour développer leur carrière et accéder à de nouvelles scènes.
«C'est le premier échelon d'une échelle qui est compliquée à monter. Mais en tout cas, ça aide», rappelle Didier Schnorhk. Une formule qui a déjà permis à de nombreux musiciens de se faire un nom sur la scène internationale.
Les festivités débuteront le 6 novembre avec un concert réunissant le violoncelliste Michiaki Ueno et le pianiste Kevin Chen, deux anciens lauréats. Les épreuves de direction d'orchestre se dérouleront notamment à l'Espace culturel Concorde et au Victoria Hall, avant les concerts des lauréats les 14 et 15 novembre. L'ensemble des événements sera ouvert au public.