Les limites de la justice testées dans «Brigade financière» au Crève-Cœur
Au Théâtre du Crève-Cœur, la pièce «Brigade financière» plonge le public dans un face-à-face tendu entre justice pénale et monde des affaires. Entre manipulation, humour et zones grises, le spectacle interroge les limites de la justice et du pouvoir de l’argent.
Jusqu’au 31 mai, le Crève-Cœur accueille «Brigade financière», une pièce mise en scène par Anthony Mettler. Sur scène, Christian Grégori et Maria Mettral incarnent un duo explosif, dans un huis clos où le conflit est très électrique.
Au cœur de l’intrigue, une confrontation entre deux mondes. «C’est l’opposition entre le droit pénal et le droit des affaires», explique Anthony Mettler. Une tension permanente autour d’une question centrale: «jusqu’à quel point on peut aller pour savoir comment filouter». Loin d’un simple polar, la pièce explore surtout les zones grises de la justice. Ça parle «des limites à ne pas dépasser dans un cadre pénal», résume le metteur en scène.
Poker menteur, à coup d'humour
Sur scène, les certitudes vacillent. «Chacun arrive avec ses certitudes» mais «petit à petit, on est amené à revoir ses positions», souligne Christian Grégori. Entre le commissaire et le suspect, «il y a une forme d’attirance qui se fait malgré tout».
Le texte joue avec les codes. «C’est un jeu de poker, avec beaucoup d'humour», résume le comédien. Une enquête sans preuve tangible, où chacun tente de prendre l’ascendant. Malgré la tension, l’humour n’est jamais loin. «Il y a beaucoup de saillies, de beaux esprits», souligne l’équipe, évoquant un affrontement d’idées «entre un monde libéral et un monde plus humaniste, entre la gauche et la droite pour simplifier».
Christian Gregori en est certain «tout le monde peut se reconnaître» dans cette pièce. Anthony Mettler y va de son conseil: «Je suggère tous les étudiants en droit […] de venir voir le spectacle. Ils vont apprendre en une heure et quart beaucoup plus qu’en trois ans de droit». Le rendez-vous est pris.