Culture

Musée Ariana : le nouveau directeur veut remettre Gustave Revilliod au cœur du projet

23.07.2026 14h59 Michel Thorimbert

Buste de Gustave Revilliod

Quelques mois après son arrivée à la tête du Musée Ariana, Bertrand Mazeirat dévoile sa vision pour l'institution. Baptisée «2030: Destination Gustave», elle entend renouer avec l'esprit du fondateur Gustave Revilliod.

Comment préparer le Musée Ariana aux défis de demain? Pour son nouveau directeur, la réponse se trouve dans son histoire. Arrivé il y a quelques mois à la tête du musée genevois, Bertrand Mazeirat souhaite replacer Gustave Revilliod au centre du récit. «Gustave Revilliod a petit à petit disparu de l'imaginaire et de l'histoire des Genevois», résume-t-il.

Ce riche mécène genevois du XIXᵉ siècle, passionné d'art et de voyages, avait constitué une collection de près de 30'000 objets avant de faire construire un musée pour les accueillir sur son domaine de Varembé. À sa mort, il lègue l'ensemble à la Ville de Genève. Au fil des décennies, son héritage se transforme, tandis que son nom s'efface peu à peu de la mémoire collective.

Une collection qui raconte bien plus que la céramique

Aujourd'hui spécialisé dans la céramique, le verre et le vitrail, le Musée Ariana entend montrer que ces collections dépassent largement le cadre des arts décoratifs. «Ces matériaux nous parlent de design, d'histoire de l'art, d'usages, de manière de vivre, d'histoire culturelle. À partir d'un même objet, on arrive à raconter une infinité d'histoires», explique le directeur.

Il souligne également le regain d'intérêt des artistes contemporains pour ces matériaux, qui offrent au musée un dialogue permanent entre patrimoine et création actuelle.

Un musée plus ouvert... et des ambitions internationales

Avec «Destination Gustave», Bertrand Mazeirat veut rapprocher le musée de son public en multipliant les espaces de vie, en rendant le parcours permanent plus souple et en proposant davantage d'expositions thématiques accessibles à tous, sans renoncer à l'expertise scientifique qui fait la réputation de l'Ariana.

L'autre enjeu est celui des collections. Malgré l'absence de budget d'acquisition, le musée entend continuer à enrichir son patrimoine. «Nous avons l'ambition de rester le musée suisse de la céramique et du verre en étant capables de présenter des pièces de référence d'envergure internationale. Il va falloir les acquérir. Il y a là un véritable enjeu de mécénat pour les années qui viennent», affirme Bertrand Mazeirat.