Samuel Labarthe replonge dans les écrits de Nicolas Bouvier
Le comédien Samuel Labarthe, se produit dans Poisson-scorpion, son adaptation de Nicolas Bouvier, au Théâtre de Carouge. Le spectacle est l’une des trois pièces rendant hommage à l’écrivain voyageur genevois.
Le spectacle connaît un succès retentissant, comme souvent dans la salle sous la houlette de Jean Liermier. «C’est bien, c’est plein… c’est qu’un bonheur de jouer là-bas», glisse Samuel Labarthe.
Le comédien genevois se produit dans Poisson-scorpion, deuxième volet de son triptyque consacré à Nicolas Bouvier. Un spectacle, mis en scène par Catherine Schaub, qui est né d’une admiration. «J’ai déjà eu un éblouissement sur L’Usage du monde les deux saisons dernières… On a pu le présenter 50 fois au Théâtre de Carouge», rappelle Samuel Labarthe, pour un total avoisinant les 220 représentations.
L’idée s’est imposée: explorer plus loin l’œuvre de Nicolas Bouvier, jusqu’à ce Poisson-scorpion, sombre et méditatif. Un troisième volet devrait suivre. «Il y aura les chroniques japonaises, j’espère, avant 2028», nous fait saliver Samuel Labarthe
La langue intacte
Adapter Nicolas Bouvier, c’est d’abord respecter sa voix, insiste le comédien : «Il n’y a pas une virgule, il n’y a pas un point qui a changé». Selon lui, il est question de «collage» pour condenser sept heures de lecture en 1h20 de spectacle – avec des silences et une scénographie qui invite au voyage.
Pour le comédien genevois, se frotter à Nicolas Bouvier est un rêve: «C’est un des plus grands auteurs romands. C’est absolument essentiel de le faire connaître.»
Un voyage intérieur
Poisson-scorpion raconte la solitude de Nicolas Bouvier, son désarroi après un chagrin d’amour. «Ce n’est pas vraiment nostalgique… c’est plutôt un voyage intérieur […] il y a une petite descente aux enfers», analyse Samuel Labarthe.
Le comédien évoque la tradition suisse du voyage: Ella Maillart… et lui-même parti à 20 ans. «J’ai plein d’amis qui sont partis partout sur la planète, puis qui sont revenus une fois qu’ils ont eu des enfants». Que garde Samuel Labarthe de Genève? «Les valeurs, mon éducation… ça me manque beaucoup de l’autre côté», répond-il en précisant que lorsque l’on s’exile dans l’hexagone, on n’est ni Suisse en Suisse, ni Français en France.
Le Genevois sera sur la scène du Théâtre de Carouge jusqu’au 1ᵉʳ février. Avec une courte pause pendant les fêtes. Un retour aux sources, sous le signe itinérant de Nicolas Bouvier.