Culture

«T’as la Ref» transforme nos contradictions en comédie

24.08.2026 20h24 Rédaction

blaise granget

Le comédien et auteur Blaise Granget donne vie J-Pat Laref, un personnage pétri de certitudes, de références et de contradictions. Un spectacle mûri pendant quatre ans pour saisir tout le monde au Théâtre Le Monique.

Il a «plus de 100 références» en réserve. Mais nul besoin de toutes les saisir pour entrer dans l’univers de Jean-Patrick Laref. Dans «T’as la ref», Blaise Granget incarne un personnage qui multiplie les références pour nourrir ses raisonnements et ses convictions parfois très arrêtées.

«C’est un personnage truculent, haut en couleurs», décrit le comédien. Surtout, Jean-Patrick Laref «incarne toutes nos contradictions». «Je pense qu’on en a tous», sourit Blaise Granget.

Un personnage pensé et maturé

Le projet ne s’est pas construit en quelques semaines. «On l’a maturé pendant environ quatre ans», explique Blaise Granget. Une première partie du spectacle avait déjà été testée deux ans auparavant, avec selon lui «une très bonne réception».

Sur scène, Jean-Patrick Laref se montre catégorique sur à peu près tout. «Il a des avis très tranchés», résume son interprète. Ecologie, recherche du bonheur, temps qui passe: le spectacle embrasse de nombreux thèmes avec une volonté claire. «On essaye de traiter ces sujets de manière drôle.»

Blaise Granget a écrit le texte avec Marc Zuchello. Sur scène, il partage également l’aventure avec Damien Naïmi, qui incarne Kevin, l’éclairagiste du spectacle. Un technicien qui «n’a rien demandé, sinon de faire son travail» et doit composer avec l’envahissant J-Pat.

Derrière la caricature, le miroir n’est jamais très loin. «Chacun va retrouver un peu de lui-même dans ce J-Pat Laref», estime Blaise Granget. Même s’il ajoute immédiatement: «J’espère qu’on n’est pas tous comme lui, très franchement.»

«Chacun va retrouver un peu de lui-même»

Le point de départ du spectacle est lui-même singulier. Jean-Patrick Laref assiste à un spectacle qui n’a finalement pas lieu. Il aperçoit alors les projecteurs et la scène libre. «Il voit l’espace et il se dit: allez, je vais prendre la parole, parce que je sais que mes propos intéressent», raconte Blaise Granget.

L’objectif n’est pourtant pas de délivrer un message politique ou moral. «Je n’ai absolument pas envie de faire la morale, mais j’ai envie de rire de nos contradictions», insiste le comédien.

Jean-Patrick Laref emprunte aussi beaucoup à son créateur. Blaise Granget a suivi une formation théâtrale avant de devenir éducateur spécialisé. Il travaille aujourd’hui à l’Arcade 84 et exerce également comme personal trainer. A cela s’ajoutent le rap, la musique ou encore le violon. «J’ai tout mis dans un personnage», résume-t-il. Son quotidien a donc directement nourri J-Pat. «Je dirais que c’est de la mégalomanie contenue que j’ai fait», plaisante Blaise Granget.

Pour profiter du spectacle, une seule consigne: «Il faut venir détendu. Il faut venir avec l’envie de se faire du bien et de rire.»

Blaise Granget espère toutefois que le rire se prolongera après la représentation. Il imagine trois étapes chez le spectateur: d’abord rire, puis se dire «ce n’est pas si bête ce qu’il a dit», avant, peut-être, de reconnaître certaines de ses propres contradictions dans celles de Jean-Patrick Laref. «T’as la ref» est à découvrir au P’tit Music Hohl, au Théâtre Le Monique, du 27 au 30 août puis du 3 au 6 septembre.