Culture

Un Chevalier à la rose un peu pâle au Grand Théâtre

18.12.2023 17h43 Rédaction

Le Chevalier à la rose de Richard Strauss se joue en ce moment au Grand Théâtre de Genève. Guy Cherqui, du magazine Wanderersite.com nous donne ses impressions.

Christoph Waltz, acteur bien connu, a fait ses débuts dans le monde lyrique en mettant en scène la production de «Der Rosenkavalier» pour l'Opéra des Flandres en 2013. Cette comédie imprégnée de l'ambiance viennoise rococo met en lumière la collaboration entre Hugo von Hofmannsthal et Richard Strauss. L'opéra explore des thèmes tels que l'infidélité, le vieillissement et l'altruisme en amour. Waltz, dans sa lecture épurée, met l'accent sur la précision psychologique de l'œuvre et souligne la résonance contemporaine des éléments comiques.

«Il n’y a pas de rythme et on ne s’accroche à rien»

Notre critique Guy Cherqui n’est pourtant pas satisfait du résultat, parlant d’une rose sans parfum: «Ce n’est pas un spectacle scandaleux, loin de là, ce n’est pas un spectacle exceptionnel, loin de là, raconte-t-il en préambule. On se trouve dans une sorte de routine pas très passionnante.» L’œuvre est, selon lui, difficile pour l’orchestre et repose sur un chef et un personnage, la Maréchale, qui «doit incarner quelque chose de très fort». Or, «on n’avait pas tout à fait l'un, ni tout à fait l’autre», avec une direction sage: «On a l’impression que Jonathan Nott épèle la partition, plutôt que de la lire et de lui donner une sorte de fluidité. C’est quelque chose qui n’a pas d’unité forte.» Enfin, Maria Bengtsson, qui incarne la Maréchale, «ne diffuse rien», glisse-t-il.

Quant au rôle de Sophie, incarné par la soprano Mélissa Petit, «vocalement, il doit être encore maturé», ajoute notre critique. Guy Cherqui salue cependant la performance de Michèle Losier, «qui est une personne très intéressante et qui remplit la scène». Au sujet de la mise en scène, elle est minimaliste avec des murs gris et un décor presque unique. «Il a axé le travail sur la conversation, malheureusement la conversation tombe à plat, il n’y a pas de rythme et on ne s’accroche à rien. Comme mise en scène, on la voit, puis on l’oublie». Le Chevalier à la rose est à voir au Grand Théâtre jusqu’au 26 décembre.