Une pétition dénonce «la destruction» des néons de Plainpalais et des Grottes
Deux œuvres vont être réformées ces prochains mois, ce qui ne plaît pas à plusieurs associations d’artistes et de riverains. Le Fond municipal d’art contemporain de la Ville de Genève (FMAC) explique ne pas avoir le choix et vouloir renouveler les espaces.
C’est un symbole des grottes. L’œuvre Pinta Cura, inspirée du chamanisme colombien, illumine le quartier la nuit tombée. Installée en 2016 pour le Gevena Lux, puis pérennisée, elle est amenée à disparaître en 2026. La raison? L’immeuble doit être rénové.
«C'est toujours étrange pour un artiste d'apprendre qu'une de ses plus grandes pièces va être démontée, raconte Frédéric Post, papa de l’œuvre. J'ai appris qu'elle allait ne pas être stockée et en plus qu'elle allait être détruite. Je pense que c'est une œuvre qui plaît beaucoup aux Genevois. Si on pouvait faire un devis, évaluer les frais de réparation, ça serait déjà une première étape. Moi, je suis là aussi pour aider. Je n'aimerais juste pas qu'elles disparaissent dans le silence.»
Des nouvelles réalisations attendues
À Plainpalais, une œuvre en néon, issue du projet Parallax Neon, va subir le même sort. Des associations ont lancé une pétition en réaction. «Ce qu'on demande et ce qu'on aimerait, c'est qu'ils les restaurent, qu'ils les entretiennent et qui les pérennisent, commente le curateur d’art Simon Laumnière. C'est vraiment malodorant l'idée d'enlever, de détruire des œuvres, même si c'est pour en mettre d'autres. Une œuvre ne vaut pas une autre œuvre. Ce sont des œuvres irremplaçables. Elles sont uniques et elles ont en plus été pensées pour le lieu.»
Deux nouvelles œuvres viendront en effet remplacer deux – dont une déjà enlevée voilà plusieurs années. Le FMAC est propriétaire de ces productions avec son homologue du canton, le FCAC. «On a pris l'option de soutenir d'autres artistes. C'est vraiment notre mission principale du fonds et d'offrir cette opportunité à d'autres en organisant un nouveau concours pour ces endroits privilégiés», indique la responsable du FMAC, Camille Abele.
Dans le cas de l’œuvre aux Grottes, un appel à la création va être lancé. Mais pourquoi absolument les changer? Question d’obsolescence, nous répond-on. «On travaille de concert pour les restaurer le plus possible. Or, la plupart des néons qui ont tenu près de 20 ans. On arrive un peu en fin de vie de ces œuvres qui ont été conçues de façon éphémère, mais donc c'est dans des matériaux. Elles n'ont pas été conçues initialement pour durer dans le temps sur des décennies.»
Le FMAC dit comprendre «la frustration des artistes» et la réaction des riverains. Toutefois, cette pétition est l’occasion selon lui d’ouvrir le débat sur cette question. Quelques jours après son lancement, plus de 500 signatures ont déjà été recueillies. Les soutiens aux œuvres espèrent par la suite interpeller le Grand Conseil et le Conseil municipal.