Brésil: Jair Bolsonaro sommé de s'expliquer sur un « deepfake »
L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro (2019-2022) purge chez lui une peine de 27 ans de prison pour une tentative de coup d'État après sa défaite au scrutin de 2022 (photo d'archive).
Photo: KEYSTONE/EPA EFE/ANDRE BORGESLa Cour suprême du Brésil a sommé l'ex-président Jair Bolsonaro de s'expliquer sur une vidéo créée par intelligence artificielle. Dans celle-ci, un double de lui soutient la candidature de son fils Flavio à la présidentielle d'octobre.
L'ancien chef de l'Etat (2019-2022) a interdiction de s'exprimer publiquement alors qu'il purge chez lui une peine de 27 ans de prison pour une tentative de coup d'État après sa défaite au scrutin de 2022.
Samedi, un 'deepfake' à son image a été projeté lors de la convention du Parti libéral qui a lancé la candidature de Flavio Bolsonaro.
'Ceci est une simulation de mon image et de ma voix réalisée par intelligence artificielle. Comme tout le monde le sait ici, je suis emprisonné et réduit au silence par une décision injuste', déclarait l'avatar numérique du leader de droite.
'Je vous demande d'accueillir à bras ouverts la personne que j'ai choisie pour me remplacer, la chair de ma chair, mon fils Flavio', ajoutait cette réplique.
Deux jours pour s'expliquer
La Cour a demandé à la défense de l'ex-président d'expliquer dans un délai de 48 heures si l'image a été créée avec son consentement, dans une décision publiée mardi soir.
Si le 'deepfake' a été autorisé par Jair Bolsonaro, il y aurait une 'grave transgression' de ses conditions de détention, affirme le juge Alexandre de Moraes.
Et si l'ancien chef de l'Etat n'a pas donné son feu vert, son fils Flavio pourrait avoir enfreint la loi électorale, qui interdit de créer des 'deepfakes' de personnalités publiques pour diffuser des messages politiques sans leur autorisation, selon le magistrat.
En mars, après plusieurs mois de détention, le juge Moraes a accordé à Jair Bolsonaro, 71 ans, de purger sa peine en résidence surveillée pour raisons de santé.
L'ex-président doit toutefois se plier à des restrictions, comme s'abstenir d'utiliser les réseaux sociaux ou de faire des déclarations publiques.
Flavio Bolsonaro sera opposé en octobre au président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui briguera un quatrième mandat.
/ATS