Ivan Slatkine: «L’inaction d’aujourd’hui va devenir la facture de demain»
En marge de la rentrée des Entreprises, le président de la FER Genève Ivan Slatkine dresse un tableau plutôt solide de l’économie genevoise, malgré les incertitudes. Il appelle surtout à investir dans les infrastructures et à préserver les petites entreprises.
«Il est toujours bon de faire des affaires à Genève.» Ivan Slatkine se veut confiant malgré un contexte marqué par de nombreuses incertitudes. Le président de la FER Genève estime que le canton reste «extrêmement attractif et dynamique», même si certains secteurs souffrent davantage.
Il cite notamment la restauration et les petits commerces, qu’il juge essentiels à la vie locale. «On ne peut pas vivre qu’avec des gros. Il y a une complémentarité entre les grands et les petits», souligne-t-il.
Des frontaliers jugés indispensables
Ivan Slatkine défend également le rôle des travailleurs frontaliers, alors que le chômage progresse à Genève. Selon lui, ceux-ci viennent avant tout répondre à des besoins que le marché du travail local ne parvient pas toujours à couvrir. «Aujourd’hui, pour engager un serveur dans un restaurant, pour engager certains types de personnes pour des activités, on ne trouve pas de Suisse et heureusement que nous avons les frontaliers.»
Le président de la FER Genève rejette aussi l’idée d’une Suisse dépassée par l’immigration. Il rappelle l’importance des accords avec l’Union européenne et de la libre circulation, tout en insistant sur la nécessité de lutter contre le dumping salarial.
«Il faut investir, il faut construire»
Son principal avertissement concerne toutefois les infrastructures. Ivan Slatkine regrette l’absence, selon lui, d’une vision globale à long terme. «Il est certain qu’il est nécessaire d’investir pour construire l’avenir. L’inaction d’aujourd’hui va devenir la facture de demain. Il faut investir, il faut construire.»
Routes, logements ou mobilité: pour lui, les investissements doivent accompagner la croissance démographique et économique du pays. Il pointe notamment les difficultés de déplacement à Genève, qu’il considère comme un frein pour les entreprises.
Sur les finances publiques, Ivan Slatkine estime par ailleurs que l’État doit se concentrer sur ses missions essentielles et améliorer la gestion des deniers publics. «Les moyens ne manquent pas à Genève, on a un budget de plus de 11 milliards, c’est plus que la ville de Paris», rappelle-t-il.
Enfin, le dérèglement climatique représente selon lui un autre chantier majeur. Il appelle notamment à accélérer la rénovation énergétique des bâtiments et à revoir certains standards face aux épisodes de fortes chaleurs.
Quant à l’intelligence artificielle, elle ne devrait pas, selon lui, remplacer les relations humaines. «L’être humain va rester ce qu’il y a de plus important.»