Économie

L'OIT revoit à la baisse ses prévisions sur la relance de l'emploi

17.01.2022 12h00

L'OIT revoit à la baisse ses prévisions sur la relance de l'emploi

Photo: KEYSTONE/EPA/ABEDIN TAHERKENAREH

L'Organisation internationale du travail (OIT) revoit à la baisse ses prévisions sur la relance du marché du travail dans le monde pour cette année. Lundi à Genève, elle a affirmé anticiper un impact de la pandémie, en équivalents plein temps, à 52 millions d'emplois.

La relance 's'avère lente et incertaine', affirme le directeur général de l'OIT Guy Ryder. En mai 2021, l'estimation précédente pour l'ensemble de l'année prévoyait un déficit à 26 millions d'emplois.

Le réajustement 'est plutôt considérable', admet M. Ryder. Selon lui, la pandémie a réduit 'la demande et l'approvisionnement' en emplois et la situation restera la même tant qu'elle se poursuivra. La nouvelle évaluation reste 1,8% inférieure au nombre d'heures travaillées avant la pandémie, affirme l'organisation dans son rapport sur l'emploi et les questions sociales dans le monde.

Conformément à ce que l'institution affirmait en juin dernier, le chômage devrait rester supérieur à celui observé avant le coronavirus jusqu'en 2023 au moins. Le nombre de personnes affectées cette année devrait s'établir à 207 millions, contre 186 millions il y a trois ans, ou près de 6% des travailleurs actifs contre 5,4% avant la pandémie. Le taux d'activité devrait lui rester 1,2 point de pourcentage inférieur sur la même période.

En raison des nouveaux variants, la situation reste très incertaine. La pandémie étend les inégalités au sein des pays et entre pays, ajoute M. Ryder qui se dit 'préoccupé'.

Pas de position sur l'exigence vaccinale

Autre question, les personnes non vaccinées font face à des approches 'différenciées', dit encore le directeur général qui refuse toutefois de parler de 'discriminations'. Celles-ci sont inégales selon les pays. Si elle recommande la vaccination, l'OIT n'a pas encore établi de position sur l'exigence par les entreprises d'une immunisation pour les travailleurs.

De même, M. Ryder ne pense pas que des vaccinations obligatoires peuvent expliquer le mouvement important de démissions observé dans plusieurs régions. Mais la pandémie a poussé de nombreuses personnes à reconsidérer leurs conditions de travail et pose la question des salaires et de la sécurité des activités, dit-il encore.

Il faudra plusieurs années pour contrer les dégâts sociaux et financiers, et les conséquences sur le taux d'activité ou encore les revenus des ménages pourraient continuer à long terme. Pour une reprise durable du marché d'emploi, les efforts doivent porter sur le travail décent 'y compris en matière de santé et de sécurité, d’égalité, de protection sociale et de dialogue social', répète M. Ryder.

Relance très différente selon les régions

Par région, le nord du continent américain et l'Europe peuvent s'appuyer sur des indications de relance plus prometteuses. Une partie de l'Asie et l'Amérique latine sont confrontées elles à l'impact le plus négatif.

Les femmes devraient continuer à subir davantage les effets ces prochaines années. Au total, 90% de celles affectées par la pandémie dans leur travail ont quitté leur emploi. Et elles retrouvent une activité moins rapidement que les hommes. L'impact pour les travailleurs jeunes a aussi été important.

Selon le rapport, des emplois alternatifs ont été lancés pour ceux ayant perdu leur activité. En moyenne, l'incidence du travail temporaire reste notamment inchangée. En juin dernier, une relance centrée sur l'être humain avait été demandée par les pays membres de l'organisation.

/ATS