Économie

PimPay, la nouvelle appli qui veut concurrencer Twint

09.07.2026 17h50 Lucie Hainaut

Pimpay Pimpay

Une nouvelle application de paiement mobile fait son apparition en Suisse romande. Baptisée PimPay, elle promet de réduire drastiquement les frais supportés par les commerçants grâce à un abonnement fixe, là où Twint prélève une commission sur chaque transaction. À Genève, quelques enseignes ont déjà franchi le pas.

Dans cette boulangerie genevoise, une nouvelle option de paiement fait son apparition. Son nom: PimPay. Pour les clients, le geste est le même qu’avec Twint. Pour les commerçants, en revanche, le modèle économique change complètement.

Contrairement à Twint, qui facture une commission d'environ 1,3% sur chaque paiement, PimPay fonctionne avec un abonnement mensuel fixe de 29 francs, sans frais de transaction.

Un argument qui a convaincu Éric Emery, patron d'une boulangerie-pâtisserie: «Aujourd'hui, je débourse environ 26'000 francs par an pour proposer les paiements par carte. Avec PimPay, quelqu'un a enfin pensé aux commerçants. Notre ticket moyen est de 15 francs, donc huit ou neuf clients par jour suffiraient à amortir l'abonnement. Nous en accueillons environ 500 chaque jour» détaille l'artisan.

Les premiers clients convaincus

Parmi les premiers utilisateurs figure la belle-sœur du boulanger. Elle dit avoir adopté l'application en quelques minutes.

«C'était très simple à télécharger et à utiliser. En dix minutes, tout était installé. Et si je peux faire quelque chose pour que davantage d'argent reste chez les artisans plutôt que de partir ailleurs, je le fais volontiers» explique-t-elle.

«Si cela permet d'aider les commerçants du quartier sans que cela me coûte plus cher, c'est une bonne chose» se réjouit Lina Racine, une autre cliente de la boulangerie.

Supprimer les intermédiaires

À l'origine de PimPay, l'entrepreneur Maxime Charbonnel estime que les frais actuels proviennent du grand nombre d'intermédiaires présents dans les systèmes de paiement traditionnels.

«Avec les cartes ou Twint, il y a les banques, les fournisseurs de terminaux et les prestataires de paiement. Tous prélèvent une commission. Nous avons créé un lien direct entre le commerçant et le consommateur. Les commissions disparaissent puisqu'il n'y a plus tous ces intermédiaires» résume le CEO.

Convaincre des milliers de commerçants

Le défi est désormais commercial. Pour assurer la viabilité du modèle, PimPay devra séduire un nombre important de commerces: «Nous avons besoin de plusieurs milliers, voire de dizaines de milliers de commerçants. Mais cela ne représente qu'une fraction des quelque 160'000 commerces que compte la Suisse» précise Maxime Charbonnel.

À Genève, six enseignes proposent déjà ce nouveau moyen de paiement.

Changer les habitudes

Pour Éric Emery, le succès de PimPay dépendra surtout de la capacité des consommateurs à modifier leurs habitudes.

«Si nous économisons 20'000, 30'000 ou 40'000 francs par an, nous ne serons peut-être plus obligés d'augmenter nos prix pour compenser toutes les nouvelles charges. On demande simplement aux clients de s'intéresser à une autre solution. Je pense que tout le monde a à y gagner»

Face à un Twint devenu incontournable en Suisse, PimPay espère désormais convaincre toujours plus de commerçants… et leurs clients.