Économie

Royaume-Uni: marche arrière sur certains engagements climatiques

20.09.2023 18h41

Royaume-Uni: marche arrière sur certains engagements climatiques

Rishi Sunak prône un coup de frein "réaliste".

Photo: KEYSTONE/EPA/Chris J. Ratcliffe / POOL

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a annoncé mercredi le report de plusieurs mesures phare de la politique climatique du Royaume-Uni. Cette décision, dénoncée comme électoraliste, est réprouvée dans les milieux économiques et jusqu'au sein des conservateurs.

'J'ai confiance dans le fait que nous puissions adopter une approche plus pragmatique, proportionnée et réaliste pour atteindre la neutralité carbone, qui allège le fardeau sur les travailleurs', a déclaré Rishi Sunak devant la presse.

L'annonce la plus emblématique concerne les voitures neuves roulant à l'essence et au gazole, qui seront désormais interdites à la vente en 2035 et non en 2030. Avec cette mesure, le Royaume-Uni 'aligne son approche' sur le calendrier prévu dans l'Union européenne ou dans d'autres pays, a-t-il défendu, face au tollé suscité dans le secteur automobile.

M. Sunak a aussi annoncé l'assouplissement des conditions d'élimination progressive des chaudières à gaz à partir de 2035 et l'abandon d'une mesure sur l'efficacité énergétique des logements qui prévoyaient de fortes contraintes sur les propriétaires.

Tories à la peine

Les ambitions climatiques du Royaume-Uni, qui vise la neutralité carbone en 2050, semblent ainsi faire les frais de la crise du pouvoir d'achat qui touche les Britanniques et de ses possibles répercussions électorales pour le parti conservateur.

Au pouvoir depuis treize ans, les tories sont désormais à la peine dans les sondages face aux travaillistes, en vue des législatives attendues l'an prochain. Certains au sein du parti appelaient de longue date le gouvernement à réduire la voilure en matière environnementale.

Fin juillet, Rishi Sunak avait déjà provoqué un tollé en promettant des centaines de nouvelles licences d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbures en mer du Nord.

Ce nouveau revirement survient alors que l'organisme indépendant chargé de conseiller Downing Street sur ses politiques climatiques avait déploré en juin la 'lenteur inquiétante' de la transition dans le pays, en particulier pour atteindre les objectifs légalement contraignants pour 2030.

Autre mauvais signal: l'échec d'un récent appel d'offres d'éolien offshore, source d'énergie sur laquelle le pays mise beaucoup pour décarboner son énergie.

/ATS