L'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh remporte le prix Havel
Sur cette photo d’archive prise le 1er novembre 2008, l’avocate iranienne spécialisée dans la défense des droits humains Nasrin Sotoudeh pose dans son bureau à Téhéran, en Iran.
Photo: KEYSTONE/AP/ARASH ASHOURINIAL'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh a remporté lundi le prix Vaclav Havel du Conseil de l'Europe, remis par l'institution vigie des droits de l'homme sur le continent.
Militante contre la peine de mort et le port du voile obligatoire pour les femmes, Nasrin Sotoudeh a 'représenté des militants, des journalistes, des membres de minorités et des enfants menacés d'exécution (...) malgré des arrestations répétées, de longues peines d'emprisonnement et des risques personnels importants', a souligné l'institution basée à Strasbourg.
Première Iranienne à remporter ce prix, elle a été préférée à sa compatriote Masih Alinejad, journaliste exilée aux États-Unis et militante contre l'obligation du port du voile, et à la Hongroise Marta Pardavi, coprésidente d'un groupe défendant les droits des demandeurs d'asile.
'Dans des moments comme celui-ci, nous nous souvenons de nos luttes passées, de nos idéaux communs et des personnes qui nous soutiennent à travers le monde. Nous renouons avec les espoirs que nous partageons et nous nous disons: un jour, ils se réaliseront. Un jour, le soleil de la liberté brillera aussi sur notre pays', a réagi l'avocate de 63 ans dans un message vidéo envoyé depuis Téhéran.
Sa fille à Strasbourg
C'est sa fille, Mehraveh Khandan Heris, qui est venue à Strasbourg recevoir le prix créé en 2013 en hommage à l'ancien dissident tchèque Vaclav Havel, assorti d'une dotation de 60'000 euros.
Arrêtée en avril par les autorités iraniennes, Nasrin Sotoudeh, qui avait remporté en 2012 le prix Sakharov pour la liberté de pensée décerné par le Parlement européen, a été libérée sous caution plus d'un mois après, sans qu'aucune information ne filtre sur ce qui lui était reproché.
Elle avait déjà été incarcérée à plusieurs reprises par le passé.
Son arrestation s'inscrit dans un contexte 'd'inquiétudes autour de sa sécurité et plus largement de la répression des avocats indépendants et des défenseurs des droits de l'homme' en Iran, souligne le Conseil de l'Europe.
Son mari Reza Khandan est pour sa part emprisonné depuis décembre 2024.
Selon des organisations de défense des droits de l'homme, des milliers de personnes ont été arrêtées en Iran depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, le 28 février.
Téhéran a par ailleurs reconnu plus de 3000 morts dans des manifestations contre le pouvoir iranien en janvier, mais imputé les violences à des 'actes terroristes' orchestrés par les Etats-Unis et Israël.
/ATS