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Léon XIV arrive à Notre-Dame, première visite papale depuis 2024

25.09.2026 17h12

Léon XIV arrive à Notre-Dame, première visite papale depuis 2024

Léon XIV a déambulé à bord de sa papamobile dans les rues de Paris en effervescence jusqu'à Notre-Dame.

Photo: KEYSTONE/AP/Aurelien Morissard

'Ca y est, il est là !': le pape Léon XIV est arrivé vendredi à Notre-Dame de Paris pour y célébrer les vêpres, précédé par la ferveur populaire dans les rues de la capitale française, au premier jour de sa visite.

'Regarde c'est le pape, c'est dingue!'. Debout dans sa papamobile, sous les cris et les vivats de plusieurs milliers de personnes rassemblées au long des 2,5 km de la déambulation, Léon XIV a pu mesurer l'attente que sa première visite en France - la première d'un pape depuis Benoit XVI en 2008 - peut susciter.

Sous un ciel bleu immaculé, dans des rues parées de blanc et de jaune - les couleurs du Vatican - Léon XIV en a profité pour bénir de nombreux bébés.

Elysée, Unesco... Avant ce premier bain de foule, la première matinée du souverain pontife, pour qui les cloches des églises de France ont sonné sept minutes à son arrivée, a d'abord été marquée par ses prises de paroles offensives.

Au palais présidentiel, accueilli par le couple Macron, Léon XIV a évoqué sans détour la laïcité, les dangers de l'intelligence artificielle et la fin de vie.

En français

Le pape a notamment dénoncé les 'manipulations génétiques', la 'gestation pour autrui', l''achat d'organes' et 'l'offre d'une mort programmée', qu'il a présentés comme des 'dérives' qui risquent 'de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives'. Le Parlement français a adopté il y a deux mois une loi créant un droit à l''aide à mourir', fortement combattue par l'Eglise.

'La juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l'espace public', a-t-il également déclaré, en français, dans la salle des fêtes de l'Elysée bondée, où il a été longuement applaudi.

Emmanuel Macron avait auparavant affirmé que la 'laïcité française' n'est 'nullement la négation de la religion', assurant que la République française combat la 'recrudescence' des 'insupportables' actes antireligieux, qui 'frappent la religion chrétienne' et dont 'les communautés juives et musulmanes sont aussi victimes'.

A l'Unesco, où son arrivée a été saluée par une standing ovation et une minute d'applaudissements, Léon XIV a exhorté la communauté internationale à protéger 'les enfants et les jeunes' face aux nouvelles technologies numériques et à l'intelligence artificielle, dont l'essor 'doit soutenir leur développement, leur éducation' et préserver 'leur liberté de penser et de discerner'.

Pas comme Céline Dion

Après ces séquences officielles, place à la liesse populaire, avec cette déambulation dans le centre de la capitale qui l'a mené en papamobile jusqu'à Notre-Dame, où il a effectué les derniers mètres à pied, serrant de nombreuses mains, sous la grande sonnerie des cloches de la cathédrale.

Parmi les premiers à avoir pris place le long des barrières en face du Panthéon, Anne, cheftaine chez les scouts d'Europe jugeait 'naturel d'être ici'. 'Ce n'est pas notre idole, ce n'est pas comme aller voir Céline Dion en concert par exemple, c'est un guide pour nous qui délivre un message de paix dont on a bien besoin dans le monde d'aujourd'hui', a expliqué la trentenaire.

'Je voyage en France comme ailleurs dans le monde en tant que disciple de Jésus-Christ, souhaitant proclamer la paix, la paix du Christ dans le monde entier', a déclaré le pape à bord de l'avion entre Rome et Paris.

Interrogé pendant ce trajet sur le regain de spiritualité catholique en France où les baptêmes sont en hausse, Léon XIV s'est félicité de cette 'soif spirituelle'. A l'Elysée, il a par ailleurs rappelé 'ses origines familiales normandes et béarnaises'.

Sécurité draconienne

Après les vêpres à Notre-Dame, le pape assistera dans la soirée à une grande veillée de prière avec 80'000 jeunes au Stade de France à Saint-Denis, au nord de Paris, pour un programme mêlant pop-louange, échanges avec le pape et exposition de la 'sainte tunique du Christ', relique conservée à Argenteuil (Val-d'Oise).

Cette visite en trois étapes - Paris, Lourdes et Metz - mobilise une sécurité draconienne, avec des chiffres éloquents: 17'000 bénévoles, 15'000 policiers et gendarmes, 2500 journalistes accrédités et un budget de 27 millions d'euros.

/ATS