Les avocats genevois fustigent certaines sanctions contre la Russie
Des entités russes ne peuvent plus bénéficier de services juridiques au sein de l’Union européenne. Une atteinte à l’État de droit, selon Sandrine Giroud, vice bâtonnière de l’Ordre des avocats de Genève.
Une délégation genevoise est en déplacement devant le Tribunal de l’Union européenne à Luxembourg pour porter la voix des avocats. Les barreaux de Paris, de Bruxelles, de Belgique et d’Allemagne s’opposent à certaines sanctions contre la Russie qui prévoit l’interdiction de fournir des conseils juridiques à des entités établies en Russie. «Genève est une ville qui a toujours défendu les libertés fondamentales. Pour nous, ça faisait tout son sens d’être associés à l’action des barreaux européens, qui défendent la mission des avocats et l’accès à la justice», explique Sandrine Giroud, vice bâtonnière de l’Ordre des avocats de Genève.
«Cela va trop loin»
Si les sanctions contre la Russie sont légitimes selon elle, elles doivent respecter l’État de droit. «Lorsque l’on empêche à des personnes de connaître leurs droits et de pouvoir accéder à la justice, cela va trop loin, scande-t-elle. C’est important que chacun puisse connaître ses droits. Même les personnes accusées des pires crimes ont droit à un avocat.» La vice bâtonnière genevoise attend désormais que le Tribunal reconnaisse «la mission fondamentale des avocats» et qu’il annule cette interdiction. Si elle est annulée au niveau européen, cette interdiction le sera également en Suisse.