Vote par correspondance: Trump redemande de le restreindre
L'impopularité de Donald Trump atteint des niveaux presque records et les républicains craignent qu'elle ne leur coûte la majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre (archives).
Photo: KEYSTONE/EPA/Samuel Corum / POOLLe président américain Donald Trump a de nouveau demandé jeudi à la Cour suprême des Etats-Unis de lui permettre d'appliquer un décret présidentiel visant à encadrer plus strictement le vote par correspondance. Les élections de mi-mandat ont lieu dans deux mois.
Il s'agit de la dernière salve en date dans une bataille judiciaire qui s'intensifie à quelques jours de l'envoi aux électeurs des premiers bulletins de vote par correspondance dans certains Etats.
Donald Trump dénonce régulièrement la possibilité dans de nombreux Etats américains de voter par correspondance. Il cite cette modalité de vote comme l'une des raisons principales de sa défaite - qu'il ne reconnaît toujours pas - à la présidentielle de 2020 face à Joe Biden.
Il a signé le 31 mars un décret destiné à encadrer plus sévèrement le vote par correspondance, une mesure contestée en justice par un groupe d'Etats gouvernés par les démocrates et une organisation d'électrices. Sans se prononcer sur le fond, la cour suprême lui avait accordé un succès provisoire le 24 août en autorisant jusqu'à nouvel ordre l'entrée en vigueur du décret.
'Impossible en pratique'
Les six juges conservateurs de la plus haute juridiction du pays, contre l'avis des trois progressistes, avaient considéré que la suspension du décret par un tribunal fédéral était prématurée puisque la poste américaine (USPS) n'avait pas encore publié ses règles d'application du texte. Mais le 27 août, la même juge a de nouveau suspendu le décret, ces règles ayant été publiées entre-temps.
Cette magistrate a estimé 'impossible en pratique' pour les Etats, auxquels revient l'organisation des scrutins, y compris fédéraux, de se conformer au texte à temps pour les élections de mi-mandat, relevant en outre que le décret était 'probablement contraire à la constitution'.
Le conseiller juridique du gouvernement, John Sauer, conteste ce raisonnement dans son argumentaire écrit adressé jeudi à la cour suprême. 'Contrairement aux affirmations du tribunal et de la partie adverse selon lesquelles le service des postes tenterait de fédéraliser les règles du vote par correspondance, les règles adoptées n'imposent que de modestes exigences' portant sur les enveloppes et les informations relatives aux destinataires, minimise-t-il.
Une liste des électeurs
Le nouveau système informatique élaboré par l'USPS pour appliquer le décret pourrait empêcher des millions d'Américains de voter, a averti mardi un lanceur d'alerte. 'Potentiellement, des millions d'électeurs américains pourraient ne pas recevoir - à temps ou du tout - leur bulletin de vote par correspondance pour les prochaines élections', prévient-il, cité dans une lettre du sénateur démocrate Richard Blumenthal.
Le décret ordonne aux services de l'immigration et de la sécurité sociale de créer une liste fédérale des électeurs habilités à voter et à la poste de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu'aux personnes figurant sur cette liste.
L'impopularité de Donald Trump atteint de tels niveaux que les républicains craignent qu'elle ne leur fasse perdre la majorité à la chambre des représentants, voire au Sénat, lors des élections de mi-mandat en novembre.
Aux Etats-Unis, près d'un tiers des électeurs ont voté par correspondance en 2024, selon l'organisation States United.
/ATS