À Carouge, le tir au canon fait toujours mouche
Vieilles photographies, canons historiques et souvenirs de plusieurs générations: au Stand de Tir au Canon de Carouge, l’histoire est partout. Créée en 1852, la société perpétue chaque année une tradition bien ancrée dans la cité sarde avec son Tir du Roi et de la Reine.
Cette année encore, le rendez-vous s’est déroulé sur quatre journées, réparties sur deux week-ends, les 22, 23, 29 et 30 août. Et la participation était au rendez-vous. Près de 350 personnes ont pris part à la compétition cette année, soit seulement dix de moins que le record établi en 2002, à l’occasion des 150 ans de la société.
Surtout, 144 participants ont découvert cette année le tir à 75 mètres. Un chiffre qui témoigne du renouvellement de cette tradition, avec des tireurs de tous les âges. «La tradition est bien vivante», souligne Dominique Barbuzzi, responsable du sponsoring et des relations publiques de la Société de Tir au Canon de Carouge.
Une tradition vieille de 174 ans
Parmi les participants, certains viennent avant tout pour le plaisir. C’est notamment le cas de Pascal, un jeune habitué du stand. À 12 ans, Bastian Fuchs pratique quant à lui depuis déjà quatre ans. Son assiduité lui a même permis de décrocher le titre de Prince du tir chez les juniors. À l’autre bout des générations, Peggy continue elle aussi de prendre plaisir à tirer. Une diversité qui fait partie de l’identité du Tir du Roi-Reine.
«C'est vraiment ludique, pas du tout militaire»
Car derrière l’ambiance conviviale, la précision reste au cœur de la compétition. Benoît Mello le sait bien: il a été couronné Roi du tir en 2014. Pour décrocher le titre, il ne suffit toutefois pas simplement de faire mouche. Le Roi ou la Reine est désigné en fonction de la proximité du tir avec le centre de la cible. Et à Carouge, la couronne est ouverte à toutes et tous. Les femmes peuvent elles aussi devenir Reine du tir, une particularité qui distingue la société carougeoise.
Cap sur les 175 ans
En 2027, la société de Tir au Canon soufflera ses 175 bougies. Pour préparer cet anniversaire, elle devra notamment rénover sa ciblerie, installée depuis une trentaine d’années. Un investissement estimé à 60'000 francs que la société espère pouvoir réunir malgré l’absence de bénéfices réalisés lors de ses manifestations.
Un défi financier qui n’empêche pas les membres de regarder vers l’avenir, avec l’envie de continuer à faire vivre une tradition qui rassemble chaque année plusieurs générations de tireurs.