De Monaco à l'Ukraine, 4'200km de course pour la paix
L’athlète d’ultra-endurance Frédéric Splendore s’apprête à traverser 14 pays en courant, de Monaco à l’Ukraine. Un projet sportif hors norme, mais surtout porteur d’un message de solidarité et de paix.
Relier Monaco à l’Ukraine en courant, sur plus de 4'200km. Le défi peut sembler insensé, voire toucher à la folie. «Il en faut? Non, mais je pense que c’est une bonne folie», lance Frédéric Splendore. L’athlète assume un projet ambitieux, pensé comme un symbole dans un contexte international tendu.
Derrière l’exploit sportif, l’objectif est clair: donner du sens à l’effort. «J’avais envie de lier ma pratique à quelque chose porteur de sens», explique-t-il. «C’est amener un peu de solidarité et d’énergie positive dans ce monde un peu envahi par les mauvaises nouvelles.»
140'000 euros pour la Chaîne du Bonheur
Le projet vise aussi une récolte de fonds importante. L’objectif: un euro par mètre de dénivelé positif, soit 140'000 euros. «C’est un projet européen qui traverse 14 pays. Il y a cette notion de lier les populations entre elles», souligne l’athlète.
Pour encadrer cette levée de fonds, une association a été créée. Au-delà de l’effort doit garantir une répartition claire entre logistique, fonctionnement et dons. «La plus grosse partie va à l’institution bénéficiaire. J’aimerais que ce soit la Chaîne du Bonheur.»
La transparence est au cœur du dispositif. «On a mis tous les documents à disposition sur notre site. Les événements récents nous l’ont prouvé: il faut être clair sur où va l’argent.»
Un message de paix jusqu’en Ukraine
Au-delà de la performance, Frédéric Splendore veut porter un message. L’arrivée est prévue le 21 septembre, journée internationale de la paix. «J’avais envie de lier les événements du passé à l’actualité», explique-t-il. En courant jusqu’en Ukraine, il veut aussi rappeler la proximité du conflit. «Les gens pensent que ça se passe très loin. J’y vais à pied, ce n’est pas si loin.»
Un documentaire pourrait accompagner l’aventure pour amplifier la portée du projet. «C’est passer un message positif et donner de la voix au projet.»
Deux marathons par jour pendant près de deux mois
Sur le plan sportif, le défi est colossal. Environ 80km par jour pendant une cinquantaine de jours. «Ça fera deux marathons par jour en moyenne», précise l’athlète.
Le parcours inclut 140'000m de dénivelé positif, dont 110'000 sur la Via Alpina. «Sur les 25 premiers jours, ce sera un Cervin par jour», image-t-il.
Habitué des longues distances, vainqueur des 100km de Bienne, Frédéric Splendore trouve dans l’ultra-endurance un terrain d’expression unique. «Avec un projet qui dure deux mois, le message a le temps de se faire entendre.»