Sport

Disque: pourquoi le record suisse résiste depuis 50 ans

06.10.2026 10h12 Pierre Pillet

Disque

Championne de Suisse du disque en 2024, Coline Cottier évolue dans une discipline où le record national féminin, fixé à 60,60 m, tient depuis un demi-siècle. Un paradoxe qui interroge la place de la technologie, de l’entraînement et des moyens.

Dans certaines disciplines, les records tombent année après année. Au lancer du disque, c’est une autre histoire. Le record suisse féminin, établi à 60,60 mètres, résiste depuis 50 ans.

Pour Coline Cottier, championne de Suisse en 2024, l’explication tient d’abord à une évolution technologique beaucoup plus limitée que dans d’autres sports.

«On parle de nouvelles chaussures de sprint, de nouvelles perches. Dans le lancer du disque, on a la même chaussure et plus ou moins les mêmes disques», explique-t-elle. «La marge technique et technologique a très peu évolué depuis 50 ans.»

«Ils étaient déjà extrêmement bons»

Mais la lanceuse genevoise refuse aussi l’idée selon laquelle les athlètes d’aujourd’hui seraient forcément mieux préparés.

«Il ne faut pas partir du principe qu’on fait tout mieux maintenant ou que tout s’améliore avec le temps. Ils étaient déjà extrêmement bons il y a 50 ans.»

Selon elle, les méthodes d’entraînement étaient parfois plus dures, notamment sur le plan physique. Une approche qui pouvait produire des performances importantes, même si elle accordait sans doute moins de place à la santé des athlètes.

Une discipline qui peine à se développer

Autre frein: la faible visibilité du lancer du disque. «Très peu de personnes connaissent cette discipline», souligne Coline Cottier. Une situation qui complique le recrutement de jeunes athlètes, mais aussi celui des entraîneurs.

«Si on n’a jamais touché un disque, on se réveille rarement un matin en disant: “Je vais devenir entraîneur ou entraîneuse de disque.”»

À Genève, Coline Cottier doit elle-même composer avec des moyens limités. Son entraîneur vient de France et ne peut être présent qu’une fois par semaine. Une réalité qu’elle compare notamment à Zurich, où l’encadrement est davantage professionnalisé.

Elle ne se fait donc «pas trop d’illusions» sur ses chances d’atteindre un jour les 60,60 mètres. Mais elle garde un souhait: voir ce record tomber un jour, même si ce n’est pas elle qui le bat.

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