Football amateur: les mauvais comportements pourront désormais coûter des points au classement
Cartons, expulsions, comportements antisportifs: dès cette saison, les sanctions pourront avoir des conséquences directes sur le classement des équipes de football amateur. Comme l’a révélé Blick, Genève, Vaud, le Valais et Soleure expérimentent un nouveau «quotient fair-play». À Genève, plus de 300 équipes sont concernées.
Un carton pourra désormais coûter bien plus qu’une suspension ou une amende. Genève expérimente dès cette saison le nouveau quotient fair-play. Il concerne les équipes amateurs de la 2e ligue régionale à la 5e ligue, ainsi que les formations juniors et seniors évoluant à onze.
L’objectif: responsabiliser davantage les joueurs et les clubs et limiter les comportements antisportifs. «On cherche à ce que les clubs et les joueurs en particulier se responsabilisent et qu’un match ne soit pas un combat permanent. Il doit y avoir une forme de respect vis-à-vis de l’arbitre et des joueurs», explique Javier Gonzalez, président de l’Association cantonale genevoise de football (ACGF). Le dispositif doit également permettre de réduire les infractions graves et les arrêts de match.
Des points retirés au classement
Le principe repose sur les sanctions accumulées par une équipe. Cartons et comportements antisportifs rapportent des points de pénalité. Ceux-ci sont ensuite divisés par le nombre de matchs disputés pour obtenir le quotient fair-play.
Au-delà d’un quotient de 6, l’équipe perd trois points au classement. À 7, le retrait passe à six points. Dans les cas les plus graves, les sanctions peuvent aller jusqu’à la relégation.
Le quotient évolue tout au long du championnat. Une équipe fortement sanctionnée en début de saison peut donc voir sa moyenne redescendre au fil des rencontres si son comportement s’améliore.
Si le dispositif avait été appliqué la saison dernière, onze équipes genevoises auraient été concernées et cinq auraient perdu trois points au classement, selon l’ACGF.
Des chiffres que Javier Gonzalez juge plutôt rassurants. «Dans la grande majorité des cas, les équipes genevoises se comportent correctement. On parle de 11 équipes sur plus de 300, ce n’est vraiment pas énorme.»
Des clubs favorables, mais qui demandent de la clarté
Dans les clubs, cette nouvelle règle implique aussi de sensibiliser davantage joueurs et entraîneurs. Au FC Lancy, la volonté de promouvoir le fair-play est partagée, mais le club estime que l’information doit encore être améliorée.
«Aujourd’hui, on doit informer nos joueurs et nos entraîneurs. Au niveau de la communication, les choses ne sont peut-être pas faites de manière optimale. Il y a du travail à faire dans tous les clubs», estime Didier Henriod, directeur général du FC Lancy.
Autre interrogation: l’application uniforme de la règle par les arbitres. «L’arbitre est évidemment un être humain et il y aura des différences d’interprétation. Il faut que tous les acteurs comprennent la règle et qu’il n’y ait pas de grosses différences de jugement», poursuit Didier Henriod.
Genève fait partie des quatre associations régionales, avec Vaud, le Valais et Soleure, à expérimenter le dispositif. Une manière de faire du fair-play non plus seulement une question disciplinaire, mais aussi un véritable enjeu sportif.