Genève Volley veut se reconstruire sur des bases solides
Après une profonde restructuration estivale, Genève Volley entame une saison de transition. À la tête du club, Fabia Gnaedinger, ancienne joueuse et enfant de la maison, assume désormais la présidence avec un objectif clair: stabiliser le projet sportif et financier, sans renier l’ADN du club.
Le décor n’a rien d’anodin. C’est à la salle Henry-Dunant que Fabia Gnaedinger a accepté de revenir, là où tout a commencé pour elle. Désormais présidente de Genève Volley, elle mesure le chemin parcouru. «C’est un retour dans ma deuxième maison. Il y a beaucoup de fierté, de joie, mais aussi un vrai sens des responsabilités.»
Un nouveau comité, une nouvelle dynamique
Depuis l’été dernier, le club a changé de visage. Un nouveau comité de neuf membres a été nommé, dont cinq femmes. Une évolution qui s’est faite sans calcul particulier. «Ce n’était pas une volonté affichée, ça s’est fait naturellement. L’important, c’est d’avoir une équipe avec de vraies compétences et une dynamique qui fonctionne.»
Ancienne joueuse du club, Fabia Gnaedinger a accepté le défi dans un contexte délicat, marqué par des difficultés financières au printemps. «J’ai une attache émotionnelle très forte à ce club. J’y ai fait toutes mes classes juniors. Après les soucis financiers, j’ai voulu mettre ma pierre à l’édifice pour sortir de cette situation de crise et continuer à construire.»
Maîtriser les coûts, professionnaliser les ressources
La priorité est claire: «la première chose, c’est de maîtriser les coûts, d’avoir une gestion solide.» En parallèle, plusieurs chantiers sont ouverts. «Il faut augmenter nos ressources financières, notamment sur le marketing et le sponsoring. Il y a un gros travail de professionnalisation à faire.»
Cette vision est aussi nourrie par son passé de joueuse. «J’ai vécu la charge d’entraînement, l’intensité, la réalité du haut niveau. Ça me permet d’avoir un regard différent et de mieux comprendre ce dont les joueuses ont besoin.»
Une saison sans pression, mais pas sans ambition
Sportivement, Genève Volley vit une année particulière. Pas de relégation cette saison, un groupe très jeune, et une approche volontairement plus sereine. «Ça permet de travailler sans la pression du résultat chaque week-end et de progresser de manière graduelle.»
À moyen terme, les ambitions restent présentes. «D’abord, restabiliser le club et permettre à plus de jeunes joueuses locales de vivre l’expérience de la Ligue nationale A.» Puis, dans un horizon de quatre à cinq ans, «pourquoi ne pas redevenir plus ambitieux et viser le top-4 ou le top-3».
Préserver l’âme du club
Pour la présidente, l’essence de Genève Volley réside dans cet équilibre entre élite et base. «Ce qui rend le club unique, c’est ce pôle de performance avec la Ligue nationale A et, à côté, une base très large de joueuses qui jouent pour le plaisir.» Le défi est là. «Réussir à fédérer tout ce monde sous le même toit, c’est le gros challenge.»
À l’issue de la saison, Fabia Gnaedinger espère avant tout un signal fort. «J’aimerais qu’on ait créé un esprit unificateur, avec du monde aux matches, du plaisir, des sourires, et qu’on puisse à nouveau se concentrer sur le sportif plutôt que sur les aspects financiers.»
Une page se tourne, une autre s’écrit. À Genève Volley, la reconstruction est lancée.