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Kilian Jordan, fer de lance d’un padel suisse en plein boom

13.08.2026 15h52 Pierre Pillet

padel

Le padel ne cesse de gagner du terrain en Suisse. Quasiment inexistant il y a encore dix ans, le sport compte désormais plus de 1'650 licenciés dans le pays. À Genève aussi, les terrains et les pratiquants se multiplient. Une croissance spectaculaire dont Kilian Jordan, numéro 1 suisse et champion national en titre, est l’un des témoins privilégiés.

Passé professionnel cette année, le Genevois peut désormais se consacrer entièrement à sa discipline. «Pour moi, c'est un rêve aujourd'hui de pouvoir vivre pleinement de mon sport, me dédier à 100% à ça», confie-t-il. Ancien joueur de tennis, il pratique le padel depuis une dizaine d’années et a pu observer son évolution: «Il y a dix ans, il n'y avait pas grand-chose. J'ai pu voir l'évolution du padel au fil des années et c'est quelque chose d'incroyable.»

Du tennis au padel, il faut aussi «désapprendre»

Si son passé de tennisman lui a donné une longueur d’avance, la transition n’est pas toujours aussi évidente qu’elle en a l’air. Les vitres, élément caractéristique du padel, changent notamment complètement la manière de défendre. «Quand on vient du tennis, forcément, si on laisse passer la balle derrière soi, on perd le point. Donc c'est quelque chose de pas naturel de laisser un rebond sur la vitre», explique Kilian Jordan.

Au-delà de la technique, le numéro 1 suisse insiste surtout sur la dimension tactique. Placement, choix des zones et complémentarité avec son partenaire font la différence. «Il y a des joueurs qui n'ont pas forcément une technique incroyable, mais qui mettent la balle toujours là où il faut et qui ont les bonnes positions sur le terrain.»

Le padel exige aussi un véritable effort physique. Selon Kilian Jordan, il ne s’agit toutefois pas de savoir s’il est plus ou moins exigeant que le tennis: «C'est un autre type d'effort. C'est plus intense, je pense que tu montes plus rapidement dans les pulses. Par contre, tu as moins de distance à couvrir qu'au tennis.»

Genève manque encore de terrains couverts

Malgré l’engouement, la Suisse reste en retard sur les grandes nations de la discipline. L’Espagne et l’Argentine possèdent plusieurs décennies d’avance et forment déjà des joueurs qui ont grandi avec le padel, là où beaucoup de Suisses viennent encore du tennis.

Pour Kilian Jordan, le développement doit désormais passer par de meilleures infrastructures et davantage de formation. À Genève, le manque de terrains intérieurs constitue notamment un frein: «En hiver, on n'a pas beaucoup d'options. Ça fait que peut-être sur la moitié de la saison, il y a des gens qui ne peuvent pas trop jouer.» Il plaide également pour davantage de structures destinées aux juniors et orientées vers la compétition.

De quoi permettre, à terme, à la Suisse de réduire l’écart avec les meilleures nations. Avec un rêve personnel pour le Genevois: se qualifier pour les championnats du monde avec l’équipe nationale. «Ce serait quelque chose de génial que l'équipe puisse participer aux championnats du monde.»