La Geneva Cup révélatrice de pépites
Comme habituellement à la fin du mois août, les meilleurs footballeurs de 17 ans ou moins se réunissaient au Stade des Arbères pour la Geneva Cup. Cette année, c’est le FC Porto qui s’est imposé en battant Genk en finale. Les deux clubs genevois, Meyrin et Servette figurent logiquement en deuxième partie de classement. Au-delà du résultat, les juniors des deux formations ont pu mesurer l’écart avec le très haut niveau.
Les Grenat ont cru jusqu’au bout à la cinquième place de la Geneva Cup, avant de céder face à Everton aux tirs au but. Le Meyrin FC termine, lui, à la huitième place. Une issue frustrante, mais un tournoi riche d’enseignements pour les deux clubs genevois.
Une expérience au plus haut niveau
Face à des joueurs issus de grands centres de formation européens, les jeunes Genevois ont pu mesurer le niveau qui les sépare encore de l’élite. Mais surtout, ils ont pu se confronter à un football qu’ils rêvent un jour de rejoindre.
«C’était une bonne expérience. On a pu se confronter un peu à ce qu’on rêve tous, d’être dans un centre de formation. On s’est bien débrouillés, mais après, c’est sur des détails qu’on voit pourquoi ils s’entraînent tous les jours et pourquoi ils sont là-bas», raconte Liam Aubert, joueur du Meyrin FC.
Le tournoi permet aussi de mieux situer son niveau face à des adversaires de calibre international. «Ça permet de se confronter à de grandes équipes, de comparer le niveau, savoir où se situer. Franchement, j’en tire que du positif. C’était vraiment super.»
Mais au-delà des résultats, cette Geneva Cup aura surtout permis aux deux formations de renforcer leurs liens dans les moments difficiles. «Même dans les moments difficiles, on s’est soudés, on voulait juste gagner. Mais on va continuer à travailler», souligne Aaron Ekoh, joueur du Servette FC.
«Peut-être un futur Ballon d’Or»
Face à des joueurs évoluant dans les plus grands centres de formation, rivaliser techniquement ou physiquement est souvent compliqué. Les éducateurs insistent donc aussi sur l’état d’esprit et la capacité à apprendre.
«La marche est haute, mais dans le foot, ça va vite. Peut-être que là, vous jouez contre quelqu’un qui va être Ballon d’Or dans cinq ou six ans», rappelle Ashvin rungasamy.
Une manière de faire prendre conscience aux jeunes de la chance qui leur est offerte : affronter des joueurs qui sont parfois déjà quasiment internationaux dans leur pays. «Pour eux, c’est une chouette expérience. Puis, ils jouent le coup à fond.»
Dans les pas de Vitinha et Manzambi
Depuis 2013, la Geneva Cup s’est imposée comme un véritable révélateur de talents. Le Portugais Vitinha, double champion d’Europe, mais aussi l’international suisse Johan Manzambi, ont notamment foulé la pelouse du Stade des Arbères avant de se faire une place au plus haut niveau.
Des parcours qui donnent forcément des idées aux jeunes participants. «Ça nous inspire, surtout Manzambi en plus, en Suisse. Ça nous donne envie d’aller là-haut», confie l’un d’eux.
Et certains se prennent déjà à rêver de suivre leurs traces : «C’est là où tu vois qu’il y a de grands footballeurs qui passent par ce tournoi et puis on espère être les prochains.»
Une vitrine pour la formation genevoise
Pour le comité d’organisation et les bénévoles, voir d’anciens participants atteindre le plus haut niveau constitue une véritable fierté. Chaque année, une dizaine de joueurs passés par la Geneva Cup signent dans l’un des cinq grands championnats européens.
«Se dire qu’on a pu accueillir ces joueurs-là, permettre d’avoir une étape chez nous avant d’éclore, c’est évidemment une grande fierté. Ce sont de belles carrières.», développe Daniel Glückler.
Le tournoi est aussi une vitrine pour la formation suisse. «Il ne faut pas se dire sur le papier que Genève, c’est forcément moins bon que l’international, analyse Dimitri Mages, coordinateur des opérations à l'Académie d'Everton. Ce sont justement ces tournois-là qui permettent à ces jeunes de montrer ce qu’ils valent.»
Cette édition se termine donc avec quelques regrets pour les Grenat et le Meyrin FC, mais surtout avec de précieux enseignements. Et peut-être, parmi les jeunes présents ce week-end, le futur talent qui fera parler de lui dans quelques années.