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Le Bol d'Or peut espérer du vent samedi

04.06.2026 14h22 Vincent Ulrich

Bol d'Or

Samedi, 391 bateaux s’élanceront de la Société Nautique de Genève pour le 87e Bol d’Or du Léman. Les premières prévisions laissent espérer une édition plutôt rapide, du moins pour les plus véloces. Car après un samedi venté, le calme pourrait rapidement reprendre ses droits sur le lac.

C’est la question que tout le monde se pose chaque année: y aura-t-il du vent lors du Bol d’Or? Les premiers modèles météorologiques sont plutôt encourageants. «Normalement, il devrait y avoir un vent de sud-ouest», explique Lionel Fontannaz, prévisionniste chez MétéoSuisse. Si le soleil tarde à s’imposer, «la première heure ou les deux premières heures peuvent un peu délicates», mais les conditions devraient ensuite s’améliorer. «Si l’ensoleillement revient assez vite, on peut avoir le sud-ouest qui pose à deux Beauforts, puis deux à trois Beauforts, peut-être trois à quatre Beauforts au meilleur de la mi-journée.»

Des prévisions qui laissent espérer une course rapide à l’avant de la flotte. Pour Lionel Fontannaz, les premiers équipages pourraient même arriver pour l'apéro. «En 2024, c’était en 6h22. Peut-être un Bol d’Or en 7h ou 9h cette année. Je n’ose pas dire que ce serait encore en 6h30, mais ça se présente plutôt bien.»

Pour les bateaux moins rapides, en revanche, le scénario pourrait être bien différent. Le vent annoncé samedi devrait progressivement disparaître durant la nuit. «On a une haute pression qui va gonfler très vite au-dessus de nous. Il n’y aura plus de gradient de pression. Le vent va tomber et ce sera des brises», prévient le météorologue. Conséquence: «Le retour pour les plus lents sera effectivement très lent.»

Un changement de date sans garantie

Si les conditions semblent plus prometteuses qu’il y a quelques jours, la régate reste régulièrement confrontée au manque de vent. Cette année, l’épreuve a été avancée d’une semaine en raison du sommet du G7. Un changement qui ne garantit rien face aux caprices du ciel. «Ça va être très douloureux si on voit que, dans les dates traditionnelles du Bol d’Or, il y a un super vent le week-end du 13-14 juin, sourit Lionel Fontannaz. Mais ça, c’est la variabilité naturelle. Et il faut vivre avec.»

Foils ou dérives: le premier choix stratégique

La météo jouera également un rôle clé dans la lutte pour la victoire. L’an dernier, Jérôme Clerc s’était imposé à bord de Realteam Spirit en faisant le choix audacieux des dérives plutôt que des foils.

Cette année, le skipper estime que les conditions pourraient favoriser les bateaux volants. «La stratégie, déjà, c’est de choisir entre les foils ou les dérives. A priori, c’est plutôt des foils.» Ensuite, tout se jouera dans la lecture du lac et des transitions de vent. «Ça va se jouer tactiquement sur des changements de vent. Une transition importante, c’est au Bouveret, où le vent de sud-ouest se calme avant de revenir au retour.»

L’équipage de Jérôme Clerc réussira-t-il à décrocher un deuxième Bol d’Or consécutif? La bataille entre les F35 s’annonce intense. À condition que le vent tienne ses promesses. Premiers éléments de réponse samedi dès 9h45, en direct sur Léman Bleu.