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Le « Tour de Suisse » de Jan Cadieux

17.09.2026 05h00

Le "Tour de Suisse" de Jan Cadieux

Le sélectionneur Jan Cadieux, ici sous le regard de Patrick von Gunten, veut imprimer sa propre marque au sein de l'équipe de Suisse.

Photo: KEYSTONE/PostFinance/CLAUDIO THOMA

Le sélectionneur national Jan Cadieux est confronté à une tâche herculéenne en tant que successeur de Patrick Fischer. Il doit maintenant trouver sa propre voie.

La finale perdue du Championnat du monde à Zurich (1-0 après prolongation contre la Finlande) hante encore Jan Cadieux. 'J'y pense presque tous les jours', a avoué le sélectionneur national lors d'une conférence de presse à Kloten. Son examen d'autocritique s'est concentré autour de ce que le staff des entraîneurs aurait pu mieux faire en finale.

C'est aussi pour cette raison que Jan Cadieux a effectué un véritable 'Tour de Suisse'. Il a rendu visite personnellement à domicile à chaque joueur du cadre du Mondial ainsi qu'à quelques absents pour cause de blessure. 'J'étais toujours un peu en retard pour les rendez-vous suivants, car les entretiens duraient plus longtemps que prévu', a raconté le Canado-Suisse qui a grandi à Fribourg, avec le sourire. 'Le plus court a duré 40 minutes, le plus long deux heures.'

Jan Cadieux s'est notamment questionné sur un potentiel changement dans les lignes lorsque le score était de 0-0. Mais l'une des conclusions tirées des entretiens approfondis avec les joueurs est la suivante: 'Nous étions fermement convaincus de la victoire, même pendant la troisième pause avant la prolongation, nous étions persuadés que nous allions gagner, tant au sein de l'encadrement que chez les joueurs.' L'autre conclusion est que tous les joueurs ont affirmé leur volonté de continuer en équipe nationale.

Nouveau départ avec Bichsel

Parmi eux figure notamment Lian Bichsel. Le Soleurois de 22 ans au physique de colosse avait été suspendu en interne par Patrick Fischer jusqu'au Mondial à domicile inclus, car il n'avait pas répondu à deux convocations pour l'équipe nationale junior. Un trait a désormais été tiré sur cette affaire. Le défenseur des Dallas Stars est à nouveau à disposition, si la franchise de NHL le permet. Jan Cadieux a rencontré Bichsel à deux reprises, d'abord avec le nouveau directeur sportif de la Fédération Patrick von Gunten, puis une nouvelle fois seul. 'Il ne s'agissait pas de revenir sur le passé ou de savoir qui était en faute', a déclaré von Gunten à Kloten.

Un grand défi attend désormais Jan Cadieux, qui a passé avec brio son baptême du feu inattendu lors du Mondial à domicile. Après la révélation de la fraude au certificat Covid de Patrick Fischer, il a dû remplacer son ancien chef plus tôt que prévu. Après trois finales de Championnat du monde consécutives, les attentes étaient élevées. L'ancien entraîneur en chef de Genève-Servette, avec qui il a été champion de Suisse et a remporté la Ligue des champions, soutient la philosophie de son ancien patron et entretient toujours des liens d'amitié avec lui. Mais il doit maintenant trouver sa propre voie.

Pas un 'Fischer II'

'Sa passion, le plaisir et la vie qu'il a donnés à l'équipe et à la Suisse', a énuméré Jan Cadieux lorsqu'il a été questionné sur les qualités de Fischer. Il souhaite s'y s'appuyer et continuer dans cette voie. Mais le technicien de 46 ans ne veut et ne peut pas être un 'Fischer II'. 'Il n'y a qu'un seul +Fischi+', a souligné le Romand, qui parle un suisse allemand quasi parfait. 'Ma communication sera certainement un peu différente. Je veux rester moi-même.' Il ne va cependant pas tout jeter par-dessus bord. 'Nous allons continuer à développer et à optimiser l'environnement', a-t-il expliqué. 'Mais il y a beaucoup de savoir-faire, nous ne devons pas changer trop de choses.'

Après cent jours en fonction, Patrick von Gunten entrevoit de son côté deux chantiers majeurs. D'une part, le secteur de la relève, où la Suisse a été récemment rattrapée et dépassée par d'autres nations, avec pour conséquence la relégation de l'équipe M18. 'Nous avons besoin d'un fil rouge de la base au sommet', a constaté l'ancien joueur de Bienne, Kloten et Frölunda Göteborg, qui était responsable des aspects sportifs du Mondial en Suisse jusqu'à début juin. 'Nous laissons filer beaucoup de talents en cours de route.'

Le deuxième y est étroitement lié: la relation compliquée depuis quelques années entre la Fédération, la Ligue et les clubs. Patrick von Gunten n'était pas le candidat souhaité par les clubs pour ce poste, mais les discussions et les réactions jusqu'à présent sont positives, a avancé le Bernois. La communication et la collaboration sont pour lui des préoccupations importantes.

Il se montre également ouvert à la discussion sur le thème important, mais souvent conflictuel, de la mise à disposition des joueurs de l'équipe nationale. L'objectif est en principe de présenter la meilleure équipe possible à tous les tournois de l'Euro Hockey Tour. Patrick von Gunten souligne toutefois qu'aucun joueur ne sera probablement présent à chacun des trois rendez-vous durant la saison de championnat - début novembre en Finlande, mi-décembre à Zurich et en février en Suède.

Le rêve de la médaille d'or est toujours là

Sur la question des places dévolues aux joueurs étrangers au sein de la Ligue, Patrick von Gunten et Jan Cadieux se montrent également plus positifs que ce que l'on entendait par le passé de la part de la fédération. Les six joueurs importés rendent la tâche plus difficile pour les Suisses d'obtenir du temps de glace. Mais cela élève aussi le niveau. 'Des joueurs comme Baechler, Knak, Rochette ou Biasca sont certainement devenus plus forts grâce à cela', a souligné le sélectionneur. 'Dans ce sport, tu dois aussi apprendre à te battre, à mériter tes minutes.'

La combativité, le courage, la volonté d'assumer son rôle dans l'équipe - telles sont les qualités que le sélectionneur national apprécie chez ses joueurs. L'objectif reste le même pour le nouveau duo de direction: 'Le rêve, c'est la médaille d'or', a déclaré Jan Cadieux. La prochaine chance se présentera en mai prochain lors du Championnat du monde à Mannheim et Düsseldorf.

/ATS