Sport

Le beach-volley n'a jamais autant séduit les Genevois

12.08.2026 10h18 Pierre Pillet

beachvolley

À Genève, le beach-volley ne se résume plus à une activité estivale. Discipline olympique à part entière, il connaît un véritable essor ces dernières années, porté par un nombre croissant de pratiquants et une offre de clubs en plein développement. Mais derrière cet engouement se cache un défi de taille: celui des infrastructures.

«On a toujours cette image de la plage et des vacances, mais le beach-volley, ce n'est pas que ça. C'est aussi un sport olympique. Il y a de vrais athlètes qui s'entraînent toute l'année», rappelle Nikita Surin, président du Beach Volley Club Vernier Genève. Les meilleurs joueurs sont entourés d'un staff médical et de préparateurs physiques et disputent des compétitions internationales. Un niveau d'exigence bien éloigné des parties improvisées sur le sable.

Car le beach-volley est particulièrement exigeant. «Le déplacement dans le sable demande énormément d'efforts. On ne s'en rend pas compte au début, mais à la fin de la journée, on sent que c'est très physique», explique Nikita Surin. Contrairement au volley en salle, les équipes ne comptent que deux joueurs. «Il faut couvrir tout le terrain, réceptionner, attaquer, défendre... Cela demande beaucoup de stratégie et d'endurance.»

18 terrains

Cette exigence n'empêche pas la discipline de séduire un public toujours plus large. «Elle a vraiment explosé ces dernières années. Je pense que le Covid a joué un rôle avec cette envie de pratiquer un sport à l'extérieur», observe le président du club verniolan. Genève bénéficie aussi d'un atout majeur: «Tous les terrains sont gratuits et accessibles. C'est aussi ce côté-là qui permet au beach-volley d'exister aujourd'hui.»

L'essor de la discipline se traduit jusque dans la formation. Une académie genevoise accompagne les jeunes talents et certains envisagent désormais une carrière dans le beach-volley. Les clubs multiplient également les entraînements, les stages et les tournois pour répondre à la demande.

De la compétition… et des apéros-beach

Au Beach Volley Club Vernier Genève, la convivialité reste une priorité. «On organise des tournois amateurs, des tournois licenciés, des camps d'entraînement… Tout cela permet de développer le beach-volley dans le canton.» Le club mise aussi sur des événements ouverts à tous, comme ses traditionnels «Apéros Beach», où les participants viennent jouer avant de partager un buffet canadien.

Mais le succès de la discipline met en évidence un manque d'infrastructures. Si Genève compte aujourd'hui 18 terrains répartis sur sept sites, ils ne suffisent plus toujours. «Malheureusement, on est souvent à court de terrains», regrette Nikita Surin. Au-delà du nombre, leur localisation pose aussi problème. «Ce qui compte pour les jeunes, c'est la proximité, la sécurité des déplacements et la mobilité douce.»

Autre attente des passionnés: la création d'une halle couverte. «Je pense que Genève est le seul canton qui ne possède pas une salle de beach-volley. C'est un peu dommage pour un canton où la discipline est aussi développée», estime le président du club. En attendant, le réchauffement climatique permet d'allonger la saison, désormais étendue de mars à novembre.

Pour Nikita Surin, l'essentiel reste toutefois inchangé: «Avant tout, il faut prendre du plaisir. On peut avoir l'esprit compétitif, mais notre objectif est surtout de rassembler les gens et de leur donner envie de revenir sur les terrains.» Une philosophie qui explique sans doute, autant que le soleil, le succès grandissant du beach-volley à Genève.