Le tennis fauteuil, raquette en main
À première vue, le tennis fauteuil ressemble au tennis traditionnel. Mais derrière les échanges se cache un apprentissage particulier, notamment dans les déplacements. Raphaël Gremion, numéro 1 suisse, nous fait découvrir les spécificités de cette discipline.
En tennis fauteuil, les coups de raquette restent relativement proches de ceux du tennis debout. La grande différence se joue dans les déplacements. «Il faut vraiment toujours être bien placé sur la balle», explique Raphaël Gremion.
Le joueur doit constamment manœuvrer son fauteuil tout en gardant sa raquette en main. Une technique qui demande du temps à maîtriser. «Si on pousse à droite, on part à gauche et si on pousse à gauche, on part à droite», détaille-t-il.
Autre particularité : la balle peut rebondir deux fois avant d'être renvoyée. Une règle qui modifie forcément la tactique et permet aux joueurs de construire différemment leurs échanges.
Une discipline encore peu médiatisée
Le tennis fauteuil fait désormais partie des tournois du Grand Chelem, avec des tableaux réunissant les 16 meilleurs joueurs mondiaux. Mais derrière l'élite, les conditions restent plus difficiles.
Numéro 1 suisse, Raphaël Gremion pointe actuellement au 160e rang mondial. Pour lui, la compétition reste avant tout une passion. «Je le fais surtout pour le plaisir et pas pour vivre de ça», confie-t-il.
Le manque de sponsors et de médiatisation freine encore le développement de la discipline. Une visibilité qui augmente fortement lors des Jeux paralympiques, avant de retomber une fois l'événement terminé.
Un fauteuil conçu sur mesure
Le matériel joue également un rôle essentiel. Les fauteuils sont fabriqués sur mesure, en fonction de la morphologie de chaque joueur, avec des matériaux toujours plus légers pour faciliter les déplacements.
La surface du court a aussi son importance. Le dur est considéré comme idéal par Raphaël Gremion, car il permet de se déplacer rapidement. À l'inverse, un tapis qui s'enfonce ou une terre battue trop humide peuvent rendre les manœuvres plus compliquées.
Genève, un tournoi important
Raphaël Gremion participe régulièrement aux tournois de la région et notamment au Swiss Open, qu'il considère comme un rendez-vous majeur du calendrier suisse.
«C'est vraiment le plus grand tournoi de Suisse», souligne-t-il. Une occasion d'affronter des joueurs de haut niveau et de mesurer les progrès réalisés.
À 50 ans, le numéro 1 suisse entend continuer à jouer aussi longtemps que possible. Sans pression particulière, mais avec un objectif clair : rester au sommet du tennis fauteuil helvétique et, surtout, continuer à prendre du plaisir sur les courts.