Les Pont, deux générations et une même passion
Michel et Tibert Pont ont marqué le football genevois, l’un sur le banc de l’équipe de Suisse, l’autre sur la pelouse du Servette FC. Aujourd’hui éloignés des terrains, père et fils gardent un lien fort avec le jeu et racontent une histoire de transmission, de fidélité et de reconversion.
En 2001, lorsque Köbi Kuhn reprend l’équipe de Suisse, il s’entoure d’un Genevois: Michel Pont. Quelques années plus tard, un autre Pont s’impose dans le paysage local. Tibert Pont, son fils, devient capitaine du Servette FC et participe à l’une des pages marquantes du club, la promotion de 2011, devant un Stade de Genève comble pour la deuxième fois seulement.
Aujourd’hui, les deux hommes ont pris leurs distances avec le football professionnel, sans jamais vraiment le quitter. Tibert Pont a changé de décor, passant des vestiaires à la nuit genevoise, en devenant directeur général adjoint du Village du Soir.
Du football à la nuit, un virage assumé
«Ça s’est fait assez naturellement», explique Tibert Pont. D’abord actionnaire du projet, il s’y investit progressivement, séduit par la programmation et la communication. «Je me suis plongé dans les coulisses et ça m’a tout de suite passionné.»
Une reconversion qui force le respect de son père. «Ça n’a rien à voir avec la choucroute, mais le fait qu’il soit aussi sérieux la nuit qu’il l’a été la journée m’impressionne beaucoup», sourit Michel Pont, qui fréquente volontiers le Village du Soir, «plutôt la nuit».
Une relation père-fils sans interférence
Entre eux, la relation reste simple et proche. «On a une relation très proche, on se voit souvent, on parle encore beaucoup de foot», confie Michel Pont. Durant la carrière de son fils, l’ancien entraîneur a toutefois choisi de rester en retrait. «À l’extérieur, il n’est jamais intervenu», confirme Tibert Pont. «À la maison, j’ai toujours pu compter sur ses conseils, mais sur le terrain, il a gardé ses distances. C’était très important pour moi.»
Michel Pont ne regrette rien. «S’il a fait la carrière qu’il a faite, c’est lui qui l’a choisie. Je n’y suis pour rien.» Fidélité, discrétion et exigence: des valeurs communes, revendiquées des deux côtés.
Dortmund et Bellinzone
Quand on évoque les moments forts, Tibert Pont cite sans hésiter la promotion de 2011. «La Praille remplie après la faillite, humainement, c’était le plus grand moment de ma carrière.» Michel Pont, lui, replonge en 2006. «Dortmund, le mur rouge, 50’000 Suisses à l’échauffement. La Coupe du monde 2006, c’était extraordinaire.»
Aujourd’hui consultant à Blue Sport, Tibert Pont garde un pied dans le football. «Le foot, ce n’est pas fermé», promet-il, laissant planer l’idée d’un futur projet, peut-être du côté de Servette.