Sport

Nicolas Rochat, un défi à la hauteur de ses nouvelles hanches

14.10.2025 10h50 Arnaud URFER

Nicolas Rochat, hanches opérées

Voici le premier épisode de notre série sur Nicolas Rochat. À 33 ans, le Genevois a dû faire face à une réalité que peu de jeunes de son âge imaginent: se faire poser deux prothèses de hanche. Ancien footballeur amateur, il souffrait de douleurs de plus en plus intenses avant qu’un diagnostic brutal ne tombe: une arthrose sévère nécessitant une double opération. Fraîchement opéré, le Genevois aujourd’hui en béquilles s’est lancé un défi fou: courir un marathon en 2026.

Pendant près de 20 ans, Nicolas Rochat a vécu pour le football. Mais en novembre dernier, des douleurs insoutenables aux hanches viennent bouleverser son quotidien. Marcher devient un calvaire, dormir presque impossible. Après plusieurs radiographies, le verdict tombe: arthrose sévère qui l’oblige à passer sur le billard.

«J'avais des douleurs tout le temps, donc au bout d'un moment ce n'était plus vivable»

Après des mois de souffrance soulagée un temps par des infiltrations, le Genevois de 33 ans subit une lourde opération le 7 février dernier: la pose de deux prothèses de hanche en titane. Une étape franchie avec appréhension, mais sans complications majeures. 

Un cas particulier

À 33 ans, la pose de deux prothèses de hanche reste rare. En Suisse, seuls 2,5% des patients opérés ont moins de 45 ans, contre 10% entre 45 et 55 ans, et jusqu’à 30% pour les tranches d’âge supérieures. Après 85 ans, ce taux redescend à 8 %. Trois causes principales expliquent une arthrose avancée: une maladie inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde, une usure prématurée ou encore une fracture entraînant une nécrose. Généralement réalisée en une heure, l’intervention de Nicolas Rochat aura duré plus de 120 minutes, sous anesthésie générale. Reconnue par l’OMS comme l’opération chirurgicale la plus bénéfique, elle consiste à remplacer l’articulation dont le cartilage est trop abîmé. 

Un marathon en ligne de mire

Mais la pose de ces prothèses n’est que le début du combat. Nicolas doit maintenant retrouver sa mobilité et surtout faire preuve de patience. Car si l’opération est une réussite, des douleurs imprévisibles peuvent encore subvenir. Mais ce passionné de sport ne compte pas s’arrêter-là. Au-delà de la récupération, le Genevois s’est lancé un défi de taille: courir près de 42 km en 2026.

Trois mois avant de pouvoir conduire, quatre avant de reprendre le sport, et une longue route jusqu’à son marathon… Nicolas Rochat devra également passer des contrôles tous les 3 à 5 ans, ses prothèses s’usant plus vite que chez une personne âgée. Mais pour lui, ce n’est qu’un détail. Un corps en titane, mais une volonté d’acier. Nicolas Rochat, un défi à la hauteur de ses nouvelles hanches.

Nicolas Rochat, une nouvelle vie à grandes enjambées

Voici le deuxième épisode de notre série sur Nicolas Rochat. Il y a quelques mois, il réapprenait à marcher après une double opération des hanches. Aujourd'hui, Nicolas Rochat poursuit son incroyable défi: retrouver toute sa mobilité pour courir un marathon en 2026. Entre entraînements en salle, séances en piscine, le Genevois de 33 ans poursuit sa rééducation, avec une certaine détermination.

Trois mois après sa double opération des hanches, Nicolas Rochat avance à grands pas. Les béquilles appartiennent désormais au passé. Et c’est ici à Vernier que l’ancien footballeur amateur retrouve petit à petit sa liberté de mouvement. 

Depuis mi-avril, le Genevois de 33 ans suit deux séances de physiothérapie par semaine, entre piscine et salle de sport. Un programme sur-mesure, taillé pour la course à pied et encadré par un spécialiste. L’objectif est clair: améliorer la mobilité, la force et l’endurance pour viser un marathon. 

Une chaîne musculaire à renforcer

Un accompagnement personnalisé, essentiel pour avancer sereinement. Le physiothérapeute veille à ce que le patient respecte chaque étape, afin d’éviter toute complication à long terme. Le jeudi, direction la piscine. Dans l’eau, les articulations sont soulagées. Une phase précieuse, qui permet à Nicolas de retrouver peu à peu confiance dans ses mouvements.

«Aujourd'hui, je vis normalement»

Un programme exigeant, mais que Nicolas suit avec une détermination sans faille. Car chaque pas, chaque exercice, le rapproche de son rêve: courir un marathon en 2026.

De retour au travail, engagé dans une rééducation exigeante, Nicolas Rochat avance avec courage. À 33 ans, il émerge peu à peu de l’ombre. Son cap? Une ligne d’arrivée à franchir, portée par la patience, la discipline… et un mental en acier.

Nicolas Rochat, sur la route du marathon

Voici le dernier épisode de notre série sur Nicolas Rochat. Il y a huit mois à peine, cet amateur de sport sortait de la salle d’opération avec deux nouvelles hanches et l’incertitude de pouvoir recourir un jour. Aujourd’hui, le Genevois de 33 ans s’entraine déjà sur la piste avec un objectif fou: courir les 20KM de Genève en novembre avant son premier marathon au printemps prochain. Entre discipline, patience et mental d’acier, il poursuit son incroyable défi.

Sept mois après sa double opération des hanches, Nicolas Rochat a retrouvé le plaisir de courir. Ici, sur la piste du Bout-du-Monde, les foulées s’allongent, le souffle revient, et la confiance se reconstruit. Le Genevois de 33 ans prépare son premier grand rendez-vous: Les 20KM de Balexert, début novembre. Une étape avant le défi ultime, courir son tout premier marathon, le 10 mai 2026. 

Mais pour arriver jusque-là, il a dû tout réapprendre. En salle, à la piscine, et désormais sur la piste, l’entraînement s’oriente clairement vers la course à pied: endurance, mobilité, gainage. Tout un programme pour se reconstruire. 

«Les émotions, elles sont énormes»

Orienté plutôt football, Nicolas s’attaque à une discipline qu’il découvre: la course de fond. Un défi autant mental que physique. Reprendre le sport, c’est aussi un combat intérieur. Pour la psychologue Laetitia Carboni, le mental compte autant voire plus que le physique: entre perte de confiance et besoin de se prouver à nouveau, la tête, a elle aussi son rôle à jouer. «Il va devoir apprendre à accepter ses limites, et ça, c'est un travail qui est très délicat à faire», nous rétorquait l'experte FSP, spécialisée en psychologie du sport qui travaille à Sana Mente Sàrl.

Une ligne d'arrivée dans le viseur

Reprendre le travail, suivre la rééducation, apprendre à courir comme avant... Nicolas avance pas à pas, avec patience et discipline. Un moment d’émotion redouté par le futur ambassadeur de la fondation ARTHRITIS, spécialisée dans les maladies polyarticulaires. 

De l’ombre de la salle d’opération à la lumière de la piste, son parcours reste une leçon de résilience. À 33 ans, Nicolas Rochat court désormais avec une idée en tête: ne plus se battre contre son corps, mais courir avec lui – pour aller enfin au bout de ses rêves.