Sport

«On se lave les dents sur le vélo»

21.09.2026 15h20 Pierre Pillet

transcontinentale

Près de 4’000 kilomètres à travers l’Europe, jusqu’à 19 heures de vélo par jour et seulement quelques heures de sommeil. Cet été, le Genevois Jocelyn Roth a terminé troisième de la Transcontinental Race, une épreuve d’ultra-cyclisme disputée sans assistance entre la Norvège et la Grèce.

Le 19 juillet, Jocelyn Roth quitte Trondheim, dans le centre de la Norvège. Devant lui: près de 4’000 kilomètres pour rallier Kalamata, en Grèce. Le tout en solitaire et sans assistance. À chacun de trouver son itinéraire, de gérer ses repas et de réparer son vélo en cas de problème.

Pendant près de onze jours, le Genevois avale en moyenne 444 kilomètres quotidiennement. «J’ai roulé entre 18 et 19 heures par jour. Et j’avais entre 45 minutes et une heure et quart de pause», raconte-t-il. Même les tâches les plus banales se font en roulant: manger, consulter la carte, téléphoner ou encore se brosser les dents.

Quatre heures de sommeil

Dès les premiers jours, les conditions se durcissent. En Norvège, le froid accompagne les nuits et Jocelyn Roth se contente parfois de quatre heures de sommeil, sur un banc ou dans un abribus. Pour tenter de conserver un peu de chaleur, il enveloppe même ses pieds dans du papier aluminium.

Plus au sud, les difficultés changent de nature. Dans les Balkans, les chiens errants obligent parfois les coureurs à accélérer. «En Bosnie et en Serbie, j’ai piqué quelques sprints», sourit-il. «Une fois, j’en vois trois devant moi et je me dis: “Oh là là, le comité d’accueil.”»

De la deuxième à la 19e place

Mais c’est en Pologne que l’aventure manque véritablement de basculer. Alors qu’il occupe la deuxième position, son pneu crève à Lublin. Impossible de repartir immédiatement: Jocelyn doit attendre l’ouverture d’un magasin de vélo le lendemain matin.

Résultat: seize heures perdues et une chute au classement, de la deuxième à la 19e place. «C’était assez horrible», reconnaît-il.

Le Genevois repart pourtant à l’assaut des premières places. Après 10 jours, 20 heures et 45 minutes d’effort, il atteint Kalamata en troisième position.

Une performance qui ne l’a pas dégoûté de son vélo. «Le vélo, c’est un moyen de vivre une belle aventure. Grâce à ça, on peut traverser l’Europe. Non, je n’en ai pas trop marre.»

Le prochain défi est déjà programmé: en mars 2027, Jocelyn Roth participera à l’Atlas Mountain Race, au Maroc. Au menu: 1’300 kilomètres et 24’000 mètres de dénivelé positif.