Pleine d’espoir, la Suisse a son équipe de eSport
À la tête de la toute nouvelle équipe nationale d’eSport, Marissa Duret défend une discipline «en pleine croissance». Son objectif: structurer la scène suisse et offrir de nouvelles perspectives aux jeunes talents.
«C’était une opportunité pour la Suisse»: Marissa Duret ne cache pas son ambition. Nommée manager de l’équipe nationale d’eSport, elle s’inscrit dans une dynamique qu’elle observe depuis plus de dix ans. «J’ai vu ce système grandir. C’est une discipline qui ne fait que grandir et qui est de toute façon là pour rester»
Cette nouvelle équipe répond à une exigence concrète: participer à l’eSport Nations Cup 2026. «Il fallait une délégation», précise Marissa Duret. Objectif: encadrer «des jeunes, des coachs, des joueurs» pour les amener à se mesurer à l’international, sur 16 jeux différents. Mais pour la manager, l’enjeu dépasse la compétition. «Il n’y a pas énormément de compétitions internationales auxquelles les jeunes ont accès», constate-t-elle. La création d’une équipe nationale doit «ouvrir des portes» et «créer des opportunités» .
Une «Coupe du monde» de l’eSport
Aujourd’hui, les structures existent en Suisse, notamment pour encadrer les jeunes joueurs. Mais une fois ce premier niveau atteint, les perspectives restent limitées. Les grandes compétitions internationales pourraient combler ce manque.
L’eSport Nations Cup se distingue par son format. «Tous les joueurs doivent posséder le passeport suisse depuis au moins un an, souligne Marissa Duret. C’est vraiment plus proche de la Coupe du monde de football», résume-t-elle. Un modèle qui tranche avec d’autres compétitions dominées par des clubs internationaux.
À Genève, la scène est bien installée. «On a une scène eSport qui est très développée», affirme Marissa Duret, évoquant une densité rare en Suisse. Mais le niveau reste souvent national. «Dès qu’on arrive dans les hauts niveaux, on se fait assez vite repérer» par des clubs étrangers. Pour expliquer ce décalage, Marissa Duret pointe un manque de structuration. «On a énormément de passionnés en Suisse, pas assez de professionnels», analyse-t-elle.
Avec cette équipe nationale, Marissa Duret espère combler ce retard. Et offrir, enfin, un cadre à une scène qui ne demande qu’à grandir.