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Pour Elise Chabbey, «le Tour va être une phase difficile»

03.08.2026 12h22 ATS

Elise Chabbey doit se contenter d'assister au Tour de France Femmes en tant que spectatrice certes privilégiée. La Genevoise, qui attend un heureux événement, a des fourmis dans les jambes alors qu'elle soutient son équipe de l'intérieur. "Le Tour va être une phase difficile", concède-t-elle.

Elise Chabbey n'imaginait pas une seule seconde vivre le Tour de France Femmes de cette manière. A Genève, sa ville natale, ce n'est pas sur son vélo que la coureuse de 33 ans a vécu l'arrivée de la deuxième étape sur le quai du Mont-Blanc dimanche. La lauréate du maillot à pois l'an dernier n'a pas pu prendre part à cette 5e édition de la Grande Boucle féminine, elle qui attend un enfant pour fin janvier.

Lorsqu'elle a annoncé la nouvelle sur ses réseaux sociaux début juillet, Elise Chabbey avait indiqué avoir mis "beaucoup de temps à comprendre et à accepter" que sa vie "allait changer pour toujours." Un mois plus tard, elle n'en a toujours pas complètement pris conscience.

"C'est bizarre de me dire que je suis enceinte, je ne réalise pas encore tout à fait!", avoue-t-elle, alors qu'aucun signe ne laisse transparaître la future arrivée du nouveau-né. "Je n'ai toujours pas pris de poids", rigole l'athlète, rencontrée à côté du bus de son équipe, sur les rives de "sa" ville.

Revenir encore plus forte

Elise Chabbey suit de l'intérieur son équipe, la FDJ United-Suez menée par la Néerlandaise Demi Vollering, lors des trois premières et trois dernières étapes. "C'est déjà pas mal, il faut aussi que je m'entraîne", souligne celle qui maintient un volume de 15 à 20 heures de vélo par semaine, à une intensité réduite.

Les joies, les déceptions, l'esprit d'équipe sur le vélo, l'émotion du Grand Déaprt, le public suisse... Tout cela, la Genevoise a dû le vivre à distance. "C'est dur mentalement", confie-t-elle. "J'aime courir, j'aime la compétition. Les filles me manquent. Mais j'essaie de me dire que c'est pour une bonne raison. Le Tour, ça va être une phase difficile. Mais je sais aussi qu'il y en aura d'autres et ça me donne vraiment la motivation pour revenir encore plus forte."

Déclarer forfait pour l'un des grands objectifs de sa saison a été d'autant plus difficile que sa grossesse a été une surprise, tombée dans une période "pas optimale" pour son équipe. Chabbey, qui aurait pris part à son cinquième "TDFF", aurait dû épauler sa leader Demi Vollering en montagne sur le Giro comme sur la Grande Boucle. Elle était de surcroît dans une excellente forme cette année, ayant remporté les Strade Bianche en mars.

Heureusement, la formation française l'a soutenue dès l'annonce de l'heureux événement à venir. Alors que les règlements UCI prévoient qu'une coureuse enceinte soit payée à 100% pendant 3 mois et 50% pour 5 mois supplémentaires, Elise Chabbey touche 100% de son salaire pendant 16 mois. "Ça aide pour mon retour. Mon copain va pouvoir peut-être travailler un peu moins, être plus présent à la maison, s'occuper du bébé et tout ce qu'il y a autour pour que je puisse revenir plus forte", explique l'athlète qui avait pris part aux Jeux olympiques de Londres 2012 en canoë-kayak.

"Inciter des jeunes filles à se mettre au sport"

Suivre un grand Tour avec son équipe, mais en tant que spectatrice, lui donnerait-il un avant-goût d'un futur rôle de directrice sportive ? La coureuse de 33 ans ne veut même pas y penser. "La reconversion, ce n'est pas pour tout de suite."

Revenir sur un vélo en course, rien ne démange plus l'âme de compétitrice d'Elise Chabbey. "Je me dis que plus j'arrive à rester longtemps sur le vélo pendant ma grossesse, plus je reviendrai forte et rapidement. J'essaie quand même de garder un mode de vie d'athlète professionnelle." Avec, dans un coin de la tête, les Jeux olympiques 2028 en ligne de mire à l'approche du crépuscule de sa carrière, même si d'autres grands rendez-vous se présenteront avant.

En attendant de signer son grand retour, Elise Chabbey s'est dite "fière que la Suisse et Genève en particulier accueillent ce Tour de France Femmes. J'espère vraiment que ça va inciter plein de jeunes filles à se mettre au sport, au cyclisme. Je pense que c'est un magnifique sport. Je suis fière d'être là et d'apporter un petit quelque chose, quoi que ce soit, pour montrer que c'est une belle expérience, une belle aventure."