Quatre Genevois en sélection suisse…mais aucun sous le maillot grenat
Trois Genevois titulaires et un Zeki Amdouni double buteur: samedi face à la Macédoine du Nord, l’équipe de Suisse avait un fort accent genevois. Une réussite qui met en lumière la qualité de la formation locale, mais aussi un paradoxe: plusieurs de ces talents ont quitté très jeunes Servette pour poursuivre leur progression ailleurs.
Ils auraient même pu être cinq avec Denis Zakaria, forfait sur blessure. La présence de plusieurs joueurs issus du football genevois au sein de la sélection suisse n’étonne pas Sébastien Fournier. L’ancien international souligne notamment la jeunesse de cette génération: «C’est de la fraîcheur, c’est de la créativité, c’est un peu de folie.»
Une réussite qui s’appuie selon lui sur un important vivier. Genève compte aujourd’hui environ 24'000 à 25'000 licenciés, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers de jeunes en attente d’une place dans un club. «Genève est une terre de foot», résume Sébastien Fournier.
Une détection qui commence très tôt
Pour expliquer l’émergence de ces joueurs, l’ancien entraîneur de Servette pointe notamment les progrès réalisés dans la détection. Les clubs régionaux sont davantage structurés et les jeunes talents repérés plus rapidement avant d’être orientés vers la pré-élite, notamment à travers le projet Footeco.
«La détection est mieux faite parce qu’il y a plus d’yeux autour des joueurs», estime Sébastien Fournier. Si Genève ne constitue que la septième ou huitième région du pays en termes de taille, ses meilleures équipes de jeunes figurent régulièrement, selon lui, parmi les trois ou quatre meilleures de Suisse.
Le paradoxe Servette
Cette réussite pose toutefois une question: pourquoi ces talents genevois s’imposent-ils si rarement durablement avec l’équipe première du Servette FC?
Denis Zakaria avait quitté Genève pour Young Boys alors que Servette évoluait encore en Promotion League. D’autres ont rapidement attiré l’attention de formations étrangères. Johan Manzambi a rejoint Freibourg, tandis que Winsley Boteli est notamment passé par le Borussia Mönchengladbach avant de revenir en Suisse à Sion.
Pour Sébastien Fournier, la concurrence financière des clubs étrangers pèse lourd au moment de retenir les meilleurs espoirs. Mais l’enjeu est également sportif: «Ce qu’il faut changer, c’est préparer le terrain, offrir plus de possibilités à ces jeunes d’intégrer.»
Reste ensuite à les convaincre de poursuivre leur progression en Suisse plutôt que de tenter rapidement leur chance à l’étranger. Certains y parviennent, d’autres reviennent après une expérience plus compliquée. Pour le football genevois, leur présence au plus haut niveau reste dans tous les cas une vitrine: «On aime bien voir des joueurs qui ont fait quelques années dans les jeunes. On aime bien les voir à la Praille.» Et désormais, pour plusieurs d’entre eux, sous le maillot de l’équipe de Suisse.